Nouvelle-Calédonie, les non-indépendantistes restent sous la majorité au Congrès après le scrutin provincial
Les équilibres politiques de Nouvelle-Calédonie se recomposent après les premières élections provinciales depuis 2019, un vote suivi de près avant la reprise attendue des discussions sur l'avenir institutionnel de l'archipel. La participation finale atteint 63,7 %, en baisse par rapport aux 66,5 % enregistrés lors du précédent scrutin, sur fond d'impasse politique depuis les émeutes de mai 2024.
Points forts
- Les Loyalistes-Le Rassemblement obtiennent 50,14 % dans la province Sud, mais les non-indépendantistes n'atteignent que 24 sièges sur 54 au Congrès.
- Les indépendantistes totalisent 26 sièges et L'Eveil océanien, arbitre potentiel, détient 4 sièges dans une assemblée fragmentée.
- Le scrutin, sous forte sécurité après les émeutes de mai 2024 (14 morts, plus de deux milliards d'euros de dégâts), élargit le corps électoral à 192 500 inscrits.
Résultats électoraux et rapport de forces
Comme le rapporte le haut-commissariat de la République, la liste d'union Les Loyalistes-Le Rassemblement, menée dans la province Sud par Sonia Backès, obtient 50,14 % des suffrages, devant le Front de libération nationale kanak et socialiste, à 15,59 %, et L'Eveil océanien, à 10,2 %, selon des résultats encore non définitifs.Avec 24 des 54 sièges du Congrès de Nouvelle-Calédonie, le bloc non-indépendantiste n'atteint pas la majorité absolue de 28 sièges. En face, les listes indépendantistes totalisent 26 sièges, répartis entre le FLNKS, avec 16 élus, l'UNI-Palika, avec sept, et Dynamique autochtone, avec trois, tandis que L'Eveil océanien se retrouve en position d'arbitre avec quatre sièges.
Scrutin sous sécurité renforcée et enjeu institutionnel
Le vote se déroule dans le calme, avec peu de files d'attente dans les bureaux, tandis qu'environ 2 400 membres des forces de l'ordre, dont 1 120 gendarmes mobiles, restent déployés jusqu'à la mi-juillet sur l'archipel pour encadrer le scrutin. Ce rendez-vous électoral repose sur un corps électoral gelé depuis 2007, limité aux résidents installés avant 1998 et à leurs descendants.La question de son élargissement avait déclenché les émeutes meurtrières de mai 2024, qui ont fait 14 morts et causé plus de deux milliards d'euros de dégâts. Au printemps, une loi organique a finalement intégré 10 575 natifs jusque-là exclus, portant le nombre d'inscrits d'environ 169 000 en 2019 à près de 192 500.
Ce scrutin sert désormais de test avant la reprise des négociations institutionnelles promise pour juillet par le premier ministre, Sébastien Lecornu, avec l'objectif d'aboutir à un accord avant la fin de l'année. Les positions restent toutefois éloignées, le FLNKS réclamant un nouveau cycle de discussions tandis qu'une partie des loyalistes juge que l'essentiel des compromis a déjà été trouvé.
Dans un précédent article, nous revenions sur les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, les premières depuis 2019, organisées dans un contexte encore marqué par les violences de 2024. Nous soulignions que ce scrutin, reporté de 2024, devait clarifier l’équilibre entre loyalistes et indépendantistes et peser sur la composition du Congrès. Nous expliquions aussi que l’issue du vote était déterminante avant la reprise des discussions avec Paris sur l’avenir institutionnel et économique de l’archipel.
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