L’Unédic gèle les allocations chômage au 1er juillet sur fond de blocage paritaire

L’Unédic gèle les allocations chômage au 1er juillet sur fond de blocage paritaire
Allocations gelées en juillet

Le régime d’assurance-chômage entre dans le mois de juillet sans revalorisation de ses allocations, après un vote à égalité entre syndicats et organisations patronales. La décision laisse l’allocation minimale à 32,13 euros par jour et intervient alors que les syndicats réclamaient une hausse alignée sur l’inflation.

Points forts

  • L’Unédic annonce le gel des allocations chômage au 1er juillet 2024 suite à un vote paritaire bloqué, une première en dix ans.
  • Les syndicats proposaient une revalorisation de 2,41 % justifiée par l’évolution du smic et de l’inflation sur douze mois, laquelle a été refusée par manque de majorité.
  • Le Medef motive son opposition par la dégradation des finances publiques et une dette de l’Unédic attendue à 62 milliards d’euros fin 2026.

Vote bloqué et arbitrage financier

Comme l’a annoncé l’Unédic à l’issue de son conseil d’administration du 30 juin, les allocations d’assurance-chômage ne sont pas revalorisées au 1er juillet, faute de majorité, selon Le Monde. L’organisme paritaire précise que le nombre de voix favorables à une hausse a été identique au nombre de voix contre, ce qui conduit automatiquement au maintien du barème actuel.

Cette absence de revalorisation constitue une première en dix ans dans ce cadre de décision au 1er juillet. L’Unédic rappelle toutefois que le gel des allocations n’est pas sans précédent, puisqu’en 2016 aucune revalorisation n’avait déjà été appliquée. La dernière hausse remonte au 1er juillet 2025, avec une augmentation de 0,5 %.

Les cinq organisations syndicales avaient défendu une proposition commune de hausse de 2,41 %, correspondant selon elles à la progression du smic et à l’inflation constatée sur les douze derniers mois. Pour la CGT, Denis Gravouil dénonce une position patronale excessive et critique des règles qui font qu’un vote de 25 voix pour et 25 contre aboutit à l’absence de décision.

Pression sur les demandeurs d’emploi et débat sur la dette

La CFDT juge ce choix dogmatique au regard de la situation économique actuelle et des perspectives des prochains mois. Le syndicat estime que cette décision pèse directement sur le quotidien de près de deux millions de demandeurs d’emploi et de leurs familles, dans un contexte de précarité persistante.

La CGT demande de son côté qu’une réflexion soit engagée sur la gouvernance du régime afin que l’absence d’accord ne conduise plus automatiquement au gel des allocations. Cet enjeu place la règle de décision de l’Unédic au centre du débat entre partenaires sociaux.

Le Medef défend à l’inverse une ligne de rigueur, en mettant en avant la remontée de l’inflation, la dégradation des finances publiques et l’endettement du régime d’assurance-chômage. L’organisation patronale indique que la dette de l’Unédic suit une trajectoire de 62 milliards d’euros fin 2026 et estime prioritaire de restaurer les finances publiques, tout en appelant l’Etat à renoncer à tout nouveau prélèvement sur les caisses du régime.

Dans un précédent article, nous expliquions le vote bloqué à l’Unédic qui a empêché la revalorisation des allocations d’assurance-chômage au 1er juillet, faute de majorité entre syndicats et organisations patronales. Nous rappelions que les syndicats défendaient une hausse de 2,41 % indexée sur le smic et l’inflation, tandis que le patronat invoquait la trajectoire de dette du régime, avec des conséquences directes pour les demandeurs d’emploi et le niveau d’indemnisation.

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