La Chine dénonce la loi française sur l’ultra fast fashion et menace de protéger ses entreprises
Entrée en vigueur mardi, la nouvelle législation française sur l’ultra fast fashion accroît la pression réglementaire sur les plateformes asiatiques de commerce en ligne. Le dispositif prévoit des frais pouvant atteindre près de 20 euros par vêtement afin de limiter l’impact environnemental du secteur et ses effets sur l’économie locale.
Points forts
- La Chine exige que la France suspende la loi sur l’ultra fast fashion, la jugeant discriminatoire et menace de protéger activement ses entreprises.
- La loi française cible les géants asiatiques du e-commerce comme Shein et Temu avec une taxation basée sur le volume et les coûts de réparation des articles.
- Shein a réalisé mardi une entrée modeste à la Bourse de Hong Kong après avoir déplacé son siège à Singapour et échoué à se coter à New York et Londres.
Contestations chinoises et mécanisme de la loi
Comme l’a rapporté France 24, Pékin demande à la France de suspendre immédiatement l’application de cette loi, que le ministère chinois du Commerce juge restrictive pour les échanges et ouvertement discriminatoire. Lors d’une conférence de presse, la porte-parole Huang Ling déclare que la Chine s’oppose fermement à la poursuite de cette mesure et avertit que des actions seront prises pour défendre les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises si Paris maintient sa position.Selon le texte français, l’ultra fast fashion est définie à partir de deux critères, le volume de vêtements mis sur le marché et le coût de réparation des articles par rapport à leur prix d’achat. Les frais par produit évoluent ensuite selon une grille établie en fonction du score obtenu sur ces deux paramètres.
Enjeux pour Shein, Temu et le secteur
La mesure vise notamment de grands acteurs asiatiques du e-commerce, dont Shein et Temu, déjà sous surveillance croissante en Europe pour leurs modèles fondés sur des prix très bas et un renouvellement rapide des collections. Pour la France, le dispositif s’inscrit dans une stratégie plus large destinée à freiner les effets environnementaux de cette production et à protéger l’activité économique locale.Shein, connu pour ses vêtements à très bas prix, fait mardi une entrée modeste à la Bourse de Hong Kong après l’échec de précédents projets d’introduction à New York et à Londres. L’entreprise a déplacé son siège vers Singapour entre 2021 et 2022, un choix que des analystes présentent comme une tentative de réduire l’attention réglementaire mondiale portée aux groupes chinois.
Dans un précédent article, nous expliquions que la France a commencé à appliquer une pénalité progressive sur les vêtements à très bas prix associés à l’ultra fast fashion, avec un barème appelé à augmenter jusqu’à près de 20 euros par article d’ici 2030. Nous détaillions aussi les critères d’application (volumes mis sur le marché et coût de réparation) ainsi que les critiques sur le périmètre de la mesure, tandis que le dispositif était présenté comme compatible avec le droit européen et déjà source de frictions avec la Chine.
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