L’Europe spatiale vise une gouvernance partagée et une préférence industrielle renforcée
Face à l’intensification de la compétition spatiale mondiale, la France pousse une stratégie européenne plus intégrée dans les satellites, les vols habités et les télécommunications. Emmanuel Macron fixe aussi un cap industriel et réglementaire, avec des objectifs étalés jusqu’en 2030 et sur la prochaine décennie.
Points forts
- Emmanuel Macron appelle à une gouvernance partagée de l'espace européen et à une conférence visant une feuille de route pour le trafic spatial.
- Le calendrier spatial européen prévoit la capsule Nyx à l’ISS dans deux ans, l’atterrisseur lunaire Argonaut dans cinq ans et un vol habité depuis Kourou dans dix ans.
- Macron exhorte à créer une alliance européenne du 'direct-to-device' pour connecter satellites et téléphones d’ici 2030 et réclame une préférence européenne sur les marchés institutionnels.
Feuille de route européenne pour l’espace
Comme l’a rapporté Le Monde, Emmanuel Macron appelle, lors du Sommet international sur l’espace à Paris, à une « gouvernance partagée » de l’espace et à une régulation jugée insuffisante au regard des enjeux actuels. Le président français demande notamment la tenue d’une conférence destinée à établir une feuille de route claire sur la coordination du trafic spatial, sujet qui doit faire l’objet d’une déclaration durant le sommet.Le chef de l’Etat estime que l’Europe doit devenir l’un des tout premiers acteurs mondiaux du secteur, en particulier dans la communication et l’intelligence artificielle. Il fixe une série d’échéances, avec une capsule cargo européenne Nyx attendue à la Station spatiale internationale d’ici deux ans, un atterrisseur lunaire européen Argonaut visé dans cinq ans, puis une première capsule européenne habitée décollant de Kourou dans dix ans.
Il évoque aussi la mission prévue en 2027 vers la Station spatiale internationale avec trois astronautes européens, dont Thomas Pesquet, en partenariat avec Vast et la NASA. Pour Emmanuel Macron, la coopération internationale reste nécessaire, mais elle suppose d’abord une Europe plus puissante dans ses capacités propres.
Souveraineté industrielle et retombées économiques
Le président français appelle en parallèle les opérateurs télécoms, les acteurs des constellations et les industriels à constituer sans attendre une alliance européenne du « direct-to-device ». L’objectif affiché est de fournir d’ici à 2030 une connexion directe entre satellites et téléphones sans recours à une antenne terrestre, avec à terme une qualité de service comparable à la 5G sur l’ensemble du territoire européen.Cette orientation est présentée comme un enjeu de souveraineté et d’opportunité économique pour l’industrie continentale. Emmanuel Macron défend aussi une « préférence européenne » dans l’attribution des marchés institutionnels, en estimant que la commande publique doit être orientée vers les acteurs européens afin de consolider l’écosystème industriel face à la concurrence des U.S. et de la Chine.
Notre précédent article sur la levée de fonds record de 3 Md€ de Mistral AI revenait sur une opération qui illustre l’accélération de l’intelligence artificielle en Europe. Nous y expliquions que ce financement, auquel participe Bpifrance, doit renforcer la R&D, la capacité de calcul et l’infrastructure, tout en soutenant l’expansion internationale de l’entreprise. L’ensemble était présenté comme un signal fort de la capacité de l’écosystème tech européen à attirer des capitaux pour consolider sa souveraineté technologique.
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