Les inspections générales de l’Etat réclament des garanties légales pour leur indépendance

Les inspections générales de l’Etat réclament des garanties légales pour leur indépendance
Garanties pour l’indépendance

Cinq ans après la réforme de la haute fonction publique, les inquiétudes persistent au sein des inspections générales de l’Etat sur les effets de la suppression de leurs corps spécifiques. Réunis en colloque à Paris le vendredi 9 octobre, des syndicats appellent à inscrire dans la loi des protections visant à préserver la capacité des inspecteurs à travailler sans pressions extérieures.

Points forts

  • Un collectif de syndicats alerte que la suppression des grands corps d’inspection générale fragilise l’indépendance des inspecteurs face aux pressions externes.
  • Depuis la réforme de 2021, le recrutement dans les inspections générales s’effectue par détachement temporaire, mettant fin aux carrières permanentes dans ces fonctions.
  • Ces transformations, voulues par Emmanuel Macron pour diversifier et ouvrir la haute administration, ravivent le débat sur l’équilibre entre mobilité, compétences et indépendance du contrôle d’État.

Réforme de 2021 et demande de garanties

Comme l’a rapporté Le Monde, un collectif de syndicats des inspections générales a averti lors d’un colloque organisé le vendredi 9 octobre à Paris que la disparition des corps dédiés recompose les conditions d’exercice du métier d’inspecteur et ravive la question de leur indépendance.

Selon ce collectif, la fin de la possibilité de faire carrière durablement dans ces fonctions, ainsi que la disparition du cadre protecteur lié à un corps spécifique, posent dans des termes nouveaux la capacité des inspecteurs à présenter leurs constats et leurs propositions sans subir de pressions externes.

Sont particulièrement visées les suppressions des principaux corps d’inspection générale de l’Etat, dont l’Inspection générale des finances, l’Inspection générale de l’administration, l’Inspection générale des affaires sociales et l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche.

Conséquences pour la haute administration

Cette suppression s’inscrit dans la réforme portée en 2021 par Emmanuel Macron pour ouvrir et diversifier la haute administration, tout en rendant les parcours de carrière plus mobiles. L’exécutif voulait alors mettre fin à ce qui était présenté par certains comme une noblesse d’Etat et réduire les logiques de rente attachées aux grands corps.

Désormais, le recrutement au sein des inspections se fait en détachement et pour une durée limitée, alors qu’il était auparavant possible d’y effectuer l’ensemble de sa carrière. Le même mouvement a concerné les corps diplomatique et préfectoral, ce qui alimente un débat plus large sur l’équilibre entre ouverture des parcours, continuité des compétences et indépendance des fonctions de contrôle.

Notre précédent article sur la note du Conseil d’analyse économique (CAE) revenait sur l’appel de 23 économistes à engager rapidement des réformes structurelles avant la présidentielle de 2027. Le CAE y plaidait notamment pour une réduction du déficit de 125 milliards d’euros sur cinq ans, ainsi qu’une révision plus large des priorités publiques, de l’éducation à la lutte contre les inégalités, y compris au prix de mesures fiscales.

Ce matériel peut contenir des opinions de tiers, aucune des données et informations sur cette page web ne constitue un conseil en investissement selon notre Avertissement. Bien que nous respections une stricte Intégrité Éditoriale, ce post peut contenir des références à des produits de nos partenaires.