L'action LVMH se consolide à 520 euros alors que le marché s'intéresse à un éventuel accord avec Armani
Le 19 septembre, l'action LVMH se négocie à 520,6 euros, en hausse de 0,6 % au cours des dernières 24 heures. Cela place l'action près du bas de sa fourchette de 52 semaines (437,5 € - 757,2 €), reflétant une revalorisation plus large dans le secteur du luxe.
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Points forts
- LVMH se négocie à €520.6, reflétant un sentiment de prudence face aux vents contraires du secteur et aux spéculations d'acquisition.
- TD Cowen considère Giorgio Armani comme une solution stratégique rare, citant la forte valeur de la marque et les synergies potentielles.
- Une transaction réussie et une reprise en Asie pourraient pousser les actions de LVMH vers la fourchette de 700 à 750 euros.
Le volume a diminué par rapport aux mois précédents, ce qui suggère un manque de conviction de la part des acheteurs. L'indice de force relative (RSI) se situe à 46, en dessous de la marque neutre de 50, ce qui indique une dynamique haussière modérée. Le support est clairement établi autour de €500, avec une résistance à €550. Une rupture décisive au-dessus de la résistance de €550 pourrait ouvrir la voie à un retracement vers la zone de €600, tandis qu'un échec à tenir la marque de €500 déclencherait probablement une nouvelle baisse vers la zone de support de €475.
Sur le plan financier, LVMH reste fondamentalement solide. La société a déclaré un chiffre d'affaires 2024 de 84,7 milliards d'euros, reflétant une croissance organique de 1 % par rapport à l'année précédente. Le segment Mode et Maroquinerie, qui comprend des marques phares comme Louis Vuitton et Dior, a connu une croissance stable au 4ème trimestre mais est resté rentable. Le résultat d'exploitation s'est élevé à 18,9 milliards d'euros, bien que le résultat net ait diminué en raison de la pression sur les marges, des coûts logistiques et de la faiblesse de la demande régionale, en particulier en Asie.

Dynamique du cours de l'action LVMH (juillet 2025 - septembre 2025). Source : TradingView
Les indicateurs de valorisation reflètent également la prudence du marché. L'action se négocie à un ratio cours/bénéfice prévisionnel d'environ 17,5, nettement inférieur à sa moyenne sur cinq ans, proche de 22x. Cette réévaluation indique que les investisseurs s'inquiètent de la croissance soutenue, de l'augmentation des coûts et du contexte macroéconomique, en particulier en Chine, où la consommation de produits de luxe reste volatile. Certains analystes soulignent également que l'affaiblissement du levier d'exploitation est un facteur qui pèse sur le sentiment des investisseurs.
La valeur de la marque Armani et sa rareté alimentent les spéculations de rachat
LVMH pourrait se positionner pour poursuivre Giorgio Armani dans ce que TD Cowen appelle une acquisition avec une "prime de rareté". La banque d'investissement estime que la maison de couture italienne pourrait être valorisée entre 5 et 7 milliards de dollars, sur la base d'un multiple EV/EBITDA de 12x-16x. Les analystes soulignent que la rareté de la marque Armani, son positionnement historique et les synergies potentielles avec la plateforme existante de LVMH sont les principaux moteurs de la valeur stratégique. Malgré l'absence de croissance rapide, le statut d'Armani en tant qu'"icône indépendante" accroît sa désirabilité, en particulier dans un marché du luxe en pleine consolidation.
Selon TD Cowen, LVMH pourrait capitaliser sur sa portée marketing mondiale, son envergure dans la maroquinerie et son efficacité opérationnelle pour extraire de la valeur à long terme tout en maintenant l'autonomie créative d'Armani. La notoriété de la marque à Hollywood, son intégration verticale et son héritage en matière de design minimaliste sont considérés comme des compléments idéaux aux maisons existantes de LVMH. Les analystes ont noté que "LVMH apprécie la nature intemporelle d'Armani", tout en soulignant que la discipline en matière de prix sera cruciale dans toute offre potentielle.
Cependant, le contexte d'une acquisition majeure n'est pas sans risque. La division Mode et Maroquinerie de LVMH a enregistré une baisse de 9 % au premier semestre 2025, en raison de la faiblesse de la demande en Asie-Pacifique. Bien qu'Armani corresponde au profil des "marques patrimoniales emblématiques" de LVMH, TD Cowen a averti que la volatilité de la croissance et la pression sur les marges pourraient tempérer tout accord. La banque estime néanmoins qu'il s'agit d'une "transaction opportuniste que LVMH envisagera fortement", d'autant plus que peu de maisons de mode haut de gamme de l'envergure d'Armani sont encore détenues de manière indépendante.
Consolidation ou rupture en fonction du rebond de la demande
A court terme, LVMH devrait rester dans une fourchette comprise entre €500 et €550, à moins qu'un catalyseur n'émerge. Si les conditions macroéconomiques se stabilisent et que le sentiment des investisseurs s'améliore - en particulier en ce qui concerne la demande des consommateurs chinois - le titre pourrait faire une percée. Dans le cadre d'un scénario de base avec une reprise modeste de la demande et sans chocs majeurs, un objectif de prix à 6-12 mois de €600-€650 est raisonnable. Un rapport sur les bénéfices du troisième trimestre plus solide que prévu ou une augmentation de l'activité de vente au détail dans le secteur du voyage pourraient accélérer ce mouvement haussier.
Si LVMH acquiert la participation dans Armani à des conditions favorables et montre des signes précurseurs d'une intégration réussie de la marque, cela pourrait justifier un relèvement de la valorisation. Combiné à la stabilisation en Asie et à la poursuite de la vigueur en Europe et en Amérique du Nord, cela soutiendrait un scénario haussier dans lequel LVMH regagnerait la fourchette de 700 à 750 euros. Un tel scénario susciterait probablement un regain d'intérêt de la part des investisseurs institutionnels et ramènerait les multiples de négociation vers les normes historiques.
LVMH a nommé Thomas Mulliez au poste de PDG de Veuve Clicquot, en remplacement de Jean-Marc Gallot, dans le cadre des efforts visant à relancer la division Vins & Spiritueux en difficulté. Ce changement de direction s'inscrit dans le cadre d'une stratégie visant à remédier à la baisse des volumes et à la pression sur les marges dans les principaux marchés internationaux.
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