Trump étend les tarifs douaniers à 60 économies
Le président Donald Trump a instauré un nouveau système tarifaire couvrant les importations en provenance de 60 économies, rétablissant ainsi une grande partie de la barrière commerciale affaiblie par une décision de la Cour suprême. Les droits de douane varient de 10 % à 12,5 % et pourraient augmenter les coûts pour les importateurs américains tout en ravivant les tensions avec les principaux partenaires commerciaux.
Points forts
- Les États-Unis imposeront des tarifs de 10 % à 12,5 % sur les importations en provenance de 60 économies.
- Les droits s'appuient sur une enquête de la Section 301 relative au travail forcé.
- Les produits alimentaires, le carburant, les engrais et plusieurs industries taxées séparément sont exemptés.
- D'autres tarifs pourraient suivre à l'issue d'autres enquêtes commerciales.
Cet article a été traduit de l'original. Lisez la version originale de notre correspondant ici.
Selon Bloomberg, l'administration a fondé ces mesures sur une enquête au titre de la Section 301 visant à déterminer si les gouvernements étrangers empêchent de manière adéquate l'entrée sur leurs marchés de marchandises produites par le travail forcé. Les nouveaux tarifs entrent en vigueur vendredi à 0h1, heure de New York, immédiatement après l'expiration d'un droit d'importation mondial temporaire de 10 %.
Nouvelle voie juridique pour des tarifs douaniers élargis
Les importations en provenance du Mexique, du Canada, du Royaume-Uni et de l'Inde seront généralement soumises à une taxe de 10 %. Le même taux s'appliquera aux marchandises provenant de plusieurs autres économies qui, selon Washington, ont instauré des restrictions sur le travail forcé mais ne les appliquent pas suffisamment.
Les produits en provenance du Japon, de la Corée du Sud et de la Suisse seront globalement plafonnés à 12,5 %. Les tarifs sur les importations en provenance de l'Union européenne et de Taïwan ne dépasseront pas 10 %, reflétant les accords commerciaux précédemment conclus avec Washington. Des dizaines d'autres économies seront confrontées au taux plus élevé de 12,5 %. Certains droits de douane existants pourraient s'y ajouter.
Le Bureau du représentant américain au commerce (USTR) a lancé les enquêtes en mars et a conclu que les politiques de 60 économies pesaient sur le commerce américain ou le restreignaient. L'USTR a déclaré que 54 d'entre elles manquaient à la fois d'interdictions d'importation adéquates et d'application, tandis que six disposaient de restrictions qui n'étaient pas appliquées efficacement.
L'utilisation de la Section 301 donne à l'administration un fondement juridique plus solide que l'autorité d'urgence à l'origine des précédents tarifs annulés par la Cour suprême. Le processus a nécessité une enquête, des commentaires publics et des auditions avant que les droits ne puissent être imposés.
Des exemptions limitent la portée immédiate
Le carburant, la nourriture et les engrais seront exemptés, ainsi que les automobiles, les métaux et les médicaments déjà couverts par des tarifs sectoriels distincts. Les marchandises conformes à l'accord commercial nord-américain resteront également en dehors des nouveaux droits.
Les produits déjà chargés sur des navires avant la date limite ne seront pas affectés. L'administration pourrait accorder d'autres exemptions pour les biens non disponibles auprès des producteurs américains ou dans les cas où les tarifs pourraient causer des perturbations économiques plus larges.
Cette structure permet à Trump de rétablir un socle tarifaire généralisé sans pour autant abandonner les accords conclus avec ses principaux partenaires. Elle laisse également la porte ouverte à des mesures supplémentaires par pays et à de futurs tarifs liés aux surcapacités industrielles.
Hausse des coûts et incertitude commerciale accrue
Le risque principal pèse sur les importateurs américains, qui paient formellement les droits de douane à la frontière et pourraient répercuter une partie de ces dépenses sur les entreprises et les consommateurs. Ces mesures interviennent à moins de quatre mois des élections législatives, alors que les prix élevés de l'énergie et des denrées alimentaires accentuent déjà la pression politique sur le coût de la vie.
La charge tarifaire globale pourrait initialement rester proche des niveaux actuels, car les nouveaux droits remplacent une taxe de 10 % arrivant à échéance. L'inquiétude majeure réside dans le fait que de futurs tarifs pourraient s'ajouter à cette nouvelle structure, augmentant les risques inflationnistes et affaiblissant l'investissement alors que les entreprises peinent à prévoir leurs coûts.
Les gouvernements d'Asie et du Pacifique ont rejeté la justification de Washington tout en évitant des représailles immédiates. L'Australie a qualifié la mesure d'injustifiée et d'incompatible avec son accord commercial, tandis que la Nouvelle-Zélande a exprimé sa déception. Singapour a déclaré que ces tarifs manquaient de fondement économique, et le Japon a cherché à obtenir l'assurance que les nouveaux droits respecteraient son accord existant avec les États-Unis.
Plus tôt, nous rapportions que Trump va de l'avant avec des tarifs de 50 % sur certains produits canadiens.
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