La BCE relie la transition verte à une réduction des risques d'inflation dans la zone euro

La BCE relie la transition verte à une réduction des risques d'inflation dans la zone euro
BCE : la transition verte atténue l'inflation

La dépendance de l'Europe aux combustibles fossiles importés continue d'amplifier la volatilité de l'inflation et l'incertitude économique dans la zone euro, alors que les conflits géopolitiques et les chocs climatiques affectent les prix de l'énergie et de l'alimentation. La Banque centrale européenne affirme qu'une transition plus rapide vers la neutralité carbone peut réduire ces pressions, mais seulement si elle s'accompagne d'un ensemble de politiques plus large permettant de garantir une transition ordonnée et relativement peu coûteuse.

Points forts

  • Les projections de juin de l'Eurosystème revoient à la baisse la croissance de la zone euro et à la hausse l'inflation pour 2026 et 2027, en raison de pressions énergétiques et géopolitiques persistantes.
  • La BCE cite des recherches montrant que les entreprises européennes réduisent leurs investissements et leurs dépenses en R&D après des chocs pétroliers, contrairement aux entreprises américaines, en raison d'une dépendance plus forte aux combustibles fossiles.
  • La BCE avertit que les flambées des prix alimentaires liées au climat pourraient ajouter jusqu'à 1,8 point de pourcentage à l'inflation après des étés extrêmes, et appelle à une transition verte pour réduire la volatilité de l'inflation à long terme.

Cet article a été traduit de l'original. Lisez la version originale de notre correspondant ici.

Perspectives de la zone euro : pressions énergétiques et climatiques

Comme l'a souligné un discours de la Banque centrale européenne, la zone euro reste vulnérable aux chocs sur les prix du pétrole, aux menaces sur l'approvisionnement et à une incertitude accrue en raison de sa dépendance persistante aux combustibles fossiles importés.

La BCE indique que la guerre au Moyen-Orient fait à nouveau grimper les prix du pétrole et pèse sur les perspectives économiques de la région, même si le choc énergétique qui en résulte reste pour l'instant moins grave que la crise qui a suivi l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Dans les projections de juin du personnel de l'Eurosystème, les prévisions de croissance de base sont revues à la baisse pour 2026 et 2027, tandis que l'inflation est revue à la hausse sur la même période par rapport aux projections de mars.

La banque centrale note également que le scénario de base ne reflète qu'un effet possible du conflit, d'autres scénarios prévoyant des conséquences macroéconomiques beaucoup plus graves ou plus modérées. Cette incertitude complique l'élaboration des politiques ainsi que les décisions des entreprises et des ménages, tandis que la hausse des coûts de production et la faiblesse de la demande pèsent sur la consommation et l'investissement.

Des recherches de la BCE citées dans le discours montrent que les entreprises européennes réduisent leurs investissements et leurs dépenses en recherche et développement après des chocs sur les prix du pétrole. À l'inverse, les entreprises américaines ne réagissent généralement pas de la même manière, ce qui reflète en partie la plus grande dépendance de l'économie européenne aux combustibles fossiles importés.

La transition verte comme amortisseur pour la stabilité des prix

Le changement climatique affecte également de plus en plus les prix alimentaires, avec des hausses récentes sur des produits comme l'huile d'olive, le cacao et le café, liées à des phénomènes météorologiques extrêmes sans précédent. Le discours précise que l'impact des vagues de chaleur sur les prix alimentaires est non linéaire et s'accentue à des températures absolues plus élevées.

Une étude récente citée par la BCE estime que les prix alimentaires en Europe pourraient augmenter jusqu'à 1,8 point de pourcentage après un été extrême dans les conditions climatiques attendues pour les années 2060, par rapport à un scénario hypothétique sans changement climatique. La banque affirme que les banques centrales doivent intégrer les crises climatiques et environnementales en cours dans leurs prévisions d'inflation, sous peine de sous-estimer les pressions inflationnistes.

Le discours avertit également qu'une baisse de l'activité économique et une hausse du chômage dans les secteurs exposés aux chocs climatiques et environnementaux peuvent affaiblir la capacité des entreprises et des ménages à rembourser leurs prêts, augmentant ainsi les risques de défaut pour les banques et réduisant potentiellement l'accès à de nouveaux crédits. Dans ce contexte, la BCE soutient qu'accélérer la transition verte peut apporter des bénéfices économiques, environnementaux et sociaux en réduisant la dépendance de l'Europe aux combustibles fossiles importés, en limitant les dommages climatiques futurs et en contribuant à réduire la volatilité de l'inflation à long terme.

La canicule record de juin en Europe a mis en évidence la façon dont les extrêmes climatiques perturbent déjà l'approvisionnement en électricité, les transports, les lieux de travail et la santé publique, révélant les lacunes dans la préparation de la région à l'adaptation. Nos précédents articles soulignaient également le coût économique croissant des événements liés à la chaleur et le déséquilibre des politiques de dépenses de l'UE, qui privilégient encore la réduction des émissions au détriment de l'adaptation, laissant aux entreprises moins d'incitations à se préparer à des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents.

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