Les tendances des récoltes des écosystèmes canadiens révèlent une production agricole record en 2025, tandis que les secteurs forestier et halieutique s’affaiblissent
Les données sur la production fondée sur les écosystèmes au Canada font état d’une récolte agricole plus abondante, alors que la production forestière et marine recule au cours des périodes de déclaration les plus récentes. La production de grandes cultures atteint un niveau record en 2025, tandis que les volumes de bois et les débarquements des pêches maritimes restent bien en deçà des niveaux antérieurs, ce qui met en évidence une évolution de la composition de la biomasse fournie par la nature.
Points forts
- Les écosystèmes agricoles du Canada devraient fournir une quantité record de 146,6 millions de tonnes de biomasse en 2025, tandis que la production de grandes cultures progresse de 11 % pour atteindre 109,3 millions de tonnes.
- La Saskatchewan, l’Alberta et le Manitoba enregistrent chacune une production record de grandes cultures en 2025, soulignant la contribution dominante des provinces des Prairies à l’approvisionnement agricole national.
- La part de la foresterie dans la récolte totale de biomasse passe de plus de 70 % en 2002 à 46 % en 2024, tandis que les débarquements des pêches maritimes diminuent pour une cinquième année consécutive et atteignent leur niveau le plus bas depuis 2002, à 613 kilotonnes.
Cet article a été traduit de l'original. Lisez la version originale de notre correspondant ici.
La production agricole progresse dans les provinces des Prairies
Selon Statistique Canada, les écosystèmes agricoles fournissent 146,6 millions de tonnes de biomasse en 2025, notamment des grandes cultures, du foin, des légumes, des fruits et du miel. Les conditions de croissance favorables améliorent les rendements et portent la production de grandes cultures, notamment les céréales, les oléagineux et les légumineuses, à 109,3 millions de tonnes, en hausse de 11 % par rapport à l’année précédente.La Saskatchewan enregistre une production de grandes cultures de 42,7 millions de tonnes en 2025, tandis que l’Alberta atteint 28,4 millions de tonnes et le Manitoba, 15,7 millions de tonnes. Chaque province établit un record, ce qui souligne le rôle central des Prairies dans l’économie agricole canadienne.
La production de légumes totalise 8,2 millions de tonnes en 2025. Le Québec, l’Alberta, l’Ontario, le Manitoba et l’Île-du-Prince-Édouard représentent 86 % de la production nationale. La récolte de légumes de l’Alberta fait plus que doubler, passant de 0,7 million de tonnes en 2002 à 1,6 million de tonnes en 2025, soit plus de la moitié de l’augmentation nationale.
La production fruitière demeure concentrée au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique. La récolte de fruits du Québec passe de 116 kilotonnes en 2002 à 326 kilotonnes en 2025, soit plus de 60 % de l’augmentation de la récolte totale de fruits au Canada, tandis que sa part nationale passe de 20 % à 36 %.
Statistique Canada estime également que les pollinisateurs sauvages contribuent chaque année de 2,4 % à 3,1 % de la biomasse des cultures récoltées au Canada, de 2016 à 2024. Cela témoigne du rôle économique continu du couvert végétal naturel et des populations d’abeilles sauvages dans le soutien de la production de grandes cultures, de fruits et de légumes.
Les secteurs forestier et halieutique restent sous pression
En 2024, les écosystèmes forestiers fournissent 118,4 millions de tonnes de bois, soit 46 % de la biomasse récoltée à des fins commerciales dans les écosystèmes canadiens. Cette proportion, qui dépassait 70 % en 2002, témoigne du recul à long terme du poids de la foresterie dans l’ensemble des récoltes de biomasse du pays.La Colombie-Britannique représente 33 % du bois récolté en 2024, suivie du Québec, à 22 %, et de l’Alberta, à 19 %. La récolte de bois de la Colombie-Britannique a diminué d’environ moitié depuis 2002, contre un recul de près d’un tiers dans le reste du pays.
Les produits forestiers autres que le bois contribuent aussi à la production : la récolte de sirop d’érable atteint 113,5 kilotonnes en 2025. Dans le secteur de la production marine, les débarquements des pêches maritimes tombent à 613 kilotonnes en 2024, marquant une cinquième baisse annuelle consécutive et leur niveau le plus bas depuis 2002.
En Colombie-Britannique, en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et au Québec, les débarquements de poissons atteignent leur plus bas niveau depuis 2002. La production aquacole de mollusques et de crustacés s’établit à 37,6 kilotonnes en 2024. L’Île-du-Prince-Édouard représente 55 % du total canadien, signe de l’importance croissante de l’aquaculture dans l’approvisionnement en biomasse des régions côtières.
Dans notre article précédent sur le transport maritime dans le détroit d’Ormuz et les perturbations qu’il subit, nous avons examiné comment les retards et la hausse des coûts de transport commençaient à peser sur les récoltes et les décisions de semis, en raison d’une utilisation réduite des engrais et de dépenses d’exploitation en hausse. Nous avons également souligné que ces contraintes faisaient grimper les prix des produits agricoles et accentuaient les risques pour la sécurité alimentaire dans les régions dépendantes des importations, les chaînes d’approvisionnement devant composer avec des coûts et une incertitude accrus.
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