Arthur Hayes affirme que le Bitcoin annonce une crise du crédit imminente liée à l'intelligence artificielle.
Le bitcoin pourrait être un signal d'alarme pour le système financier mondial, selon Arthur Hayes, cofondateur de BitMEX, qui affirme que les marchés sous-estiment le choc déflationniste que l'intelligence artificielle pourrait déclencher.
Points forts
- Arthur Hayes affirme que le bitcoin joue le rôle d'une "alarme incendie de liquidité fiduciaire" alors que les marchés sous-estiment les risques déflationnistes de l'IA.
- Il prévient que l'adoption rapide de l'IA pourrait déclencher des pertes de crédit massives et mettre les banques américaines sous pression.
- M. Hayes affirme que si une crise se produit, l'impression monétaire des banques centrales pourrait en fin de compte faire grimper le bitcoin.
Cet article a été traduit de l'original. Lisez la version originale de notre correspondant ici.
Dans un récent essai intitulé "This is fine", M. Hayes décrit le bitcoin comme un indicateur précoce du resserrement de la liquidité du dollar et de l'augmentation des tensions sur le crédit, d'autant plus que l'adoption de l'intelligence artificielle menace l'emploi des cols blancs.
Le bitcoin, une "alarme incendie de liquidité fiduciaire"
M. Hayes écrit que "le bitcoin est l'alarme incendie de la liquidité fiduciaire mondiale", arguant qu'il s'agit de l'actif majeur le plus sensible aux changements dans la création de crédit. Il souligne une divergence récente entre le bitcoin et le Nasdaq 100, notant que si de nombreux investisseurs considèrent le bitcoin comme une version à effet de levier des valeurs technologiques, les deux ont évolué dans des directions opposées au cours des derniers mois.
Selon lui, cette divergence pourrait être le signe d'un événement déflationniste imminent dû à la contraction du crédit. Dans son cadre, les marchés commencent par évaluer les pertes sur prêts, les institutions financières les plus faibles font faillite et les banques centrales finissent par réagir en injectant des liquidités de manière agressive. Il décrit sans détour la réaction probable des pouvoirs publics : Plus la chute est grave, plus les banquiers centraux appuient sur le bouton "Brr".
M. Hayes établit un parallèle avec la crise financière mondiale de 2008, lorsque les tensions sur les marchés hypothécaires ont finalement contraint la Réserve fédérale à des années d'assouplissement quantitatif.
IA, pertes d'emplois et bilans bancaires
La partie la plus controversée de la thèse de M. Hayes porte sur l'intelligence artificielle. Il affirme que l'adoption rapide de l'IA pourrait déplacer une part importante des "travailleurs du savoir", ce qui compromettrait leur capacité à gérer les crédits à la consommation et les prêts hypothécaires.
Citant des données américaines faisant état d'environ 72 millions de travailleurs du savoir et de 3,76 billions de dollars de crédits à la consommation détenus par les banques, M . Hayes modélise un scénario dans lequel 20 % de ces travailleurs perdraient leur emploi. Il estime que les marchés pourraient évaluer à environ 330 milliards de dollars les pertes liées au crédit à la consommation et 227 milliards de dollars les pertes liées aux prêts hypothécaires, ce qui pourrait entraîner une dépréciation de 13 % des fonds propres des banques commerciales américaines.
Si les grandes banques d'importance systémique peuvent résister à un tel stress, les institutions plus petites pourraient être confrontées à des déficits de capitaux et à des retraits de dépôts, ce qui rappellerait certains aspects des turbulences bancaires régionales de 2023.
Une réponse tardive mais énergique de la Fed
M. Hayes soutient qu'il est peu probable que la Réserve fédérale agisse de manière préventive. Au contraire, il affirme que les décideurs politiques ont généralement besoin d'une crise visible avant d'augmenter les liquidités. Selon lui, les autorités ne déploieraient des mesures de soutien à grande échelle qu'après la chute des actions bancaires et l'effondrement des marchés du crédit.
Un tel changement pourrait éventuellement profiter au bitcoin et à d'autres actifs numériques, étant donné qu'un nouvel assouplissement monétaire soutient historiquement les actifs à risque.
Pourquoi c'est important
Si la thèse de M. Hayes s'avère correcte, la perturbation du travail due à l'IA pourrait passer d'une histoire technologique à un risque financier systémique. Son argument replace le bitcoin non seulement comme un actif spéculatif, mais aussi comme un baromètre de la liquidité du dollar mondial et des tensions sur le crédit. Pour les investisseurs comme pour les décideurs politiques, l'interaction entre l'adoption de l'IA, la stabilité bancaire et la réponse des banques centrales pourrait façonner le prochain cycle majeur des marchés traditionnels et numériques.
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