La SEC envisage de passer à un système de reporting semestriel pour les sociétés cotées en bourse
La Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis prépare des modifications aux règles de divulgation pour les entreprises publiques. La proposition permettrait aux entreprises de communiquer leurs résultats financiers deux fois par an, au lieu de se conformer à l'exigence de longue date d'une communication trimestrielle.
Points forts
- La SEC pourrait autoriser les entreprises à passer d'un reporting trimestriel à un reporting semestriel.
- Cette proposition pourrait constituer l'un des changements les plus importants apportés aux règles d'information aux États-Unis depuis des décennies.
- Des informations moins fréquentes pourraient réduire la transparence et accroître la volatilité des marchés.
Cet article a été traduit de l'original. Lisez la version originale de notre correspondant ici.
Selon le Wall Street Journal, la proposition pourrait être présentée dans les prochaines semaines avant d'entrer dans une phase de consultation publique. Si elle est approuvée, elle pourrait devenir l'une des plus importantes réformes en matière d'information sur les marchés financiers américains depuis des décennies.
Comment le système d'information pourrait-il changer ?
La SEC a déjà discuté de l'initiative avec les principales bourses de valeurs afin d'évaluer comment les changements pourraient affecter les exigences en matière de cotation. Les rapports trimestriels ne seraient pas entièrement supprimés - les entreprises seraient toujours libres de publier leurs résultats tous les trois mois sur une base volontaire.
L'obligation de publier les résultats financiers tous les trimestres existe depuis 1970, date à laquelle le formulaire 10-Q a été introduit. Depuis lors, la publication régulière est devenue la pierre angulaire de la transparence des marchés financiers américains.
Les partisans de la réforme estiment que le système actuel exerce une pression excessive sur les entreprises. Selon eux, la publication fréquente d'informations pousse les dirigeants à se concentrer sur les performances à court terme, au détriment de la stratégie à long terme. En outre, la préparation de ces informations nécessite des ressources considérables, ce qui coûte aux entreprises des milliards de dollars chaque année.
Débat sur la transparence
La proposition a déjà suscité un débat parmi les investisseurs et les analystes. Ses détracteurs mettent en garde contre le fait que la réduction de la fréquence des informations pourrait affaiblir la transparence et retarder l'accès à des informations financières essentielles.
Les rapports trimestriels restent un outil essentiel pour évaluer les performances des entreprises. Ils aident les investisseurs à suivre les revenus, la rentabilité et les niveaux d'endettement, ainsi qu'à identifier les risques potentiels.
Les experts notent également que des rapports moins fréquents peuvent accroître l'incertitude et la volatilité des marchés, en particulier en période d'instabilité économique.
Impact potentiel sur le marché
La proposition fera l'objet d'une période de consultation publique, qui dure généralement au moins 30 jours, avant que la SEC ne prenne une décision finale. On ne sait pas encore si les changements seront finalement adoptés.
S'ils sont mis en œuvre, les États-Unis se rapprocheront des pratiques européennes. L'Union européenne a supprimé les rapports trimestriels obligatoires en 2013, et le Royaume-Uni a suivi avec des changements similaires, bien que de nombreuses entreprises continuent à publier des rapports trimestriels sur une base volontaire.
La réduction de la transparence sur les marchés des actions pourrait influencer l'allocation des capitaux. Dans ces conditions, certains investisseurs pourraient se tourner de plus en plus vers des actifs alternatifs, y compris les actifs numériques.
Des rapports antérieurs ont également indiqué que la SEC examine des exigences de divulgation plus larges et son approche de la réglementation des titres à jetons. La commissaire de la SEC, Hester Peirce, a souligné que les régulateurs devraient éviter de surcharger les marchés avec des règles excessives. Selon elle, trop de réglementation peut ralentir l'innovation. L'agence étudie également un cadre d'"exemption d'innovation" qui pourrait ouvrir la porte à des échanges limités de certains actifs tokenisés.
- Forex
- Crypto