Institut Rousseau défend l’annulation de la dette détenue par la BCE
Le débat sur la dette publique française prend une nouvelle dimension politique avec la mise en avant d’une proposition défendue depuis plusieurs années dans les cercles économiques hétérodoxes. Nicolas Dufrêne, haut fonctionnaire et directeur de l’Institut Rousseau, porte l’idée d’une annulation de la dette française détenue par la Banque centrale européenne, évaluée dans le texte à environ 599 milliards d’euros.
Points forts
- Nicolas Dufrêne, directeur de l’Institut Rousseau, défend l’annulation de la dette publique française détenue par la BCE, soit 16,6 % du total.
- La proposition, médiatisée début 2021 via une tribune signée par 150 économistes, a été reprise en août par Jean-Luc Mélenchon pour sa campagne présidentielle.
- Malgré d’importantes critiques économiques, politiques et juridiques, Dufrêne promeut l’annulation de la dette BCE pour soutenir les priorités économiques et la transition climatique.
Une proposition portée de longue date
Comme le rapporte Le Monde, Nicolas Dufrêne défend depuis des années l’annulation de la dette de la France détenue par la Banque centrale européenne, une part présentée comme représentant actuellement 16,6 % du total. Haut fonctionnaire au profil discret et directeur de l’Institut Rousseau, il s’impose comme l’un des principaux promoteurs de cette thèse dans le débat économique français.Cette proposition a été formulée avec l’économiste Alain Grandjean dans l’ouvrage Une monnaie écologique, publié en 2020 chez Odile Jacob. L’idée a ensuite circulé à travers plusieurs tribunes, d’abord dans Le Monde en mai 2020 avec six autres économistes français, puis en février 2021 dans un texte signé par 150 économistes du monde entier et relayé par huit journaux européens.
Une idée désormais entrée dans l’arène politique
La proposition change d’échelle à la fin du mois d’août lorsque Jean-Luc Mélenchon la place au centre de ses orientations de campagne présidentielle. Le dirigeant de La France insoumise lui donne alors une forte visibilité publique avec une formule provocatrice sur la dette détenue par la BCE.L’initiative continue toutefois de se heurter à un ensemble de critiques économiques, politiques et juridiques. Malgré ces objections, Nicolas Dufrêne maintient son argumentaire et poursuit son travail pour inscrire cette option dans le débat sur la gestion de la dette publique et le financement des priorités économiques, notamment liées à la transition climatique.
Dans notre précédent article sur la feuille de route budgétaire de la France pour financer la transition écologique, nous expliquions que les besoins d’investissements verts étaient évalués à 102 milliards d’euros par an en 2024, avec un objectif de doublement d’ici 2030. Nous détaillions aussi les priorités du « budget vert » du projet de loi de finances 2027, dont 48,9 milliards d’euros de dépenses favorables ou mixtes pour l’environnement, ainsi que des dispositifs ciblés comme le Fonds vert pour l’adaptation des bâtiments publics et le soutien à l’adaptation des forêts.
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