L'économie française fait face à un risque accru pour la consommation

L'économie française fait face à un risque accru pour la consommation
Consommation sous pression

La conjoncture française se tend alors que l'instabilité politique, la hausse des prix de l'énergie et des taux d'intérêt pèsent déjà sur le pouvoir d'achat. Les violences observées lors des manifestations du 17 octobre alimentent désormais la crainte d'un nouveau choc sur la consommation des ménages à l'approche du trimestre clé des ventes de fin d'année.

Points forts

  • La hausse des taux d'intérêt au-dessus de 5 % depuis le 21 octobre et la flambée des prix de l'énergie accentuent la pression sur la consommation des ménages français.
  • Carrefour chiffre le coût des dégradations et pillages des 17 et 18 octobre entre 80 et 200 millions d'euros, avec le risque d'une baisse de fréquentation des magasins.
  • L'Insee estime qu'un mouvement social réduit en moyenne de 0,1 point le PIB trimestriel, avec une stagnation des dépenses des ménages observée lors des « gilets jaunes » en 2018.

Pressions simultanées sur les ménages et le commerce

Comme l'explique Le Monde, les inquiétudes s'accumulent pour l'économie française après plusieurs signaux de fragilité apparus depuis la dissolution de l'Assemblée nationale en juin 2024. A la menace récurrente sur le vote du budget s'ajoutent la flambée des prix de l'énergie liée aux tensions au Moyen Orient, son effet inflationniste et la remontée des taux d'intérêt, passés au-dessus de 5 % le mercredi 21 octobre.

Dans ce contexte, Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, alerte sur un double impact pour le distributeur. Il chiffre entre 80 et 200 millions d'euros sur l'année le coût des dégradations et pillages du week-end des 17 et 18 octobre, tout en redoutant un recul de la fréquentation des magasins si les ménages choisissent de limiter davantage leurs achats.

Cette perspective intervient à un moment sensible pour les commerçants. Le dernier trimestre reste décisif en raison des ventes de Noël, qui soutiennent traditionnellement le moral des ménages et la consommation intérieure.

Un risque mesuré, mais réel pour la croissance

L'effet des mouvements sociaux sur l'activité est déjà documenté par les données économiques. Dans une note publiée en septembre 2025, l'Institut national de la statistique et des études économiques estime qu'un mouvement social entraîne en moyenne un effet négatif de 0,1 point de PIB sur le trimestre concerné par rapport au trimestre précédent, même si cet impact n'apparaît pas significatif de manière générale.

Certaines séquences ont toutefois montré des effets plus marqués. Lors du mouvement des « gilets jaunes » au quatrième trimestre 2018, les dépenses des ménages avaient stagné à 0 % après une hausse de 0,4 % au troisième trimestre, tandis que la croissance trimestrielle du PIB était restée bloquée à 0,3 %.

Pour l'économie française, le risque actuel tient donc à l'accumulation de plusieurs chocs au même moment. Si la consommation fléchit plus nettement sous l'effet combiné des tensions sociales, du coût de l'énergie et du renchérissement du crédit, l'activité pourrait entrer dans une phase de faiblesse plus durable.

Dans notre précédent article sur le ralentissement de la croissance française à l’horizon 2026-2027, nous expliquions que l’accumulation de chocs — énergie plus chère, resserrement budgétaire, hausse des taux et incertitudes politiques — devait maintenir le PIB à un rythme très faible. Nous soulignions aussi que la demande intérieure et l’investissement restaient sous pression, ce qui limitait les relais domestiques de l’activité.

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