Le S&P 500 perd de son élan près de 6 980 points, les données macroéconomiques prenant le dessus
L'indice S&P 500 a commencé la nouvelle année sur des bases moins sûres après avoir glissé d'un territoire record, l'action des prix passant d'un mouvement d'extension basé sur le momentum à un mouvement plus sélectif, sensible aux données. L'indice a clôturé juste en dessous de 6 930 mercredi, en baisse de 0,34 %, et les contrats à terme ont prolongé les pertes modestes jusqu'à jeudi, les investisseurs réévaluant l'équilibre entre les signaux de croissance américaine qui s'essoufflent et les prévisions de bénéfices des entreprises qui restent solides.
Points forts
- Le S&P 500 recule légèrement par rapport à ses records proches de 6 980, alors que les données macroéconomiques sont mitigées.
- Le prix reste au-dessus des moyennes mobiles clés, maintenant la tendance haussière plus large intacte.
- Les données sur l'emploi et le rapport sur les salaires de vendredi constituent le prochain catalyseur directionnel.
Cet article a été traduit de l'original. Lisez la version originale de notre correspondant ici.
Il ne s'agit pas d'une vente de panique. Il s'agit d'une rotation et d'une réduction des risques après un rallye agressif de plusieurs mois qui a laissé le positionnement tendu.
La structure technique se refroidit sans rompre la tendance
Du point de vue des graphiques quotidiens, la tendance haussière générale reste intacte, mais le ton a clairement changé. Le S&P 500 se maintient toujours au-dessus de ses EMA croissantes à 20, 50 et 100 jours, regroupées approximativement entre 6 805 et 6 870. Cette zone continue de définir la tendance haussière structurelle qui a porté l'indice à la hausse depuis le printemps dernier. L'EMA à 200 jours, proche de 6 430, se situe bien en deçà des niveaux actuels, ce qui souligne l'ampleur de la hausse.

Dynamique des prix du S&P 500 (Source : TradingView)
Cette distance a une incidence sur le comportement du marché. Lorsque les prix s'échangent bien au-dessus de la tendance à long terme, les corrections ont tendance à se produire au fil du temps et par le biais de replis houleux plutôt que par des chutes brutales, à moins qu'un véritable choc macroéconomique n'intervienne. Jusqu'à présent, l'évolution des prix correspond à ce modèle. La dynamique s'est ralentie, mais la structure n'a pas craqué.
L'indice RSI quotidien reflète cette transition. Après avoir échoué à maintenir des lectures supérieures à 65 au cours de la poussée de décembre vers de nouveaux sommets, l'IFR est retombé dans la fourchette moyenne à haute de 50. Il s'agit là d'un comportement typique de fin de cycle pour un rallye passant de l'expansion à la consolidation. Les acheteurs ne recherchent plus agressivement les cassures, mais les plongeons dans le support à court terme sont toujours défendus. Tant que l'indice RSI se maintient au-dessus de la zone des 50, le marché se débarrasse de ses excès plutôt que de rompre la tendance.
Les signaux intrajournaliers renforcent ce message. Sur le graphique en 30 minutes, l'indice a quitté la zone des 6 960-6 980 après que le Supertrend a basculé vers le bas et que le SAR parabolique s'est déplacé au-dessus du prix. Ce changement explique le ton plus doux des contrats à terme et suggère que les hausses sont maintenant vendues plutôt que prolongées. Néanmoins, la dynamique baissière a été contrôlée. Les replis vers la zone des 6 900-6 880 ont attiré des offres, maintenant l'action des prix dans une fourchette plutôt que de l'accélérer vers le bas.
Les données macroéconomiques et la rotation sectorielle sont à l'origine de l'hésitation
L'hésitation est principalement due aux données macroéconomiques. Le dernier rapport JOLTS a montré une baisse plus importante que prévu des offres d'emploi, renforçant l'idée que la demande de main-d'œuvre américaine se refroidit. Les données de l'ADP n'indiquent qu'un modeste rebond de l'embauche dans le secteur privé, tandis que l'ISM Services a surpris à la hausse, ce qui complique l'histoire de la croissance. L'économie semble ralentir, mais ne pas s'effondrer, et cette ambiguïté est importante pour les attentes en matière de politique économique.
Les marchés continuent de tabler sur des baisses de taux plus tard dans l'année, mais pas dans l'immédiat. Chaque publication sur l'emploi est susceptible de modifier le sentiment, ce qui confère une importance accrue au rapport de vendredi sur les emplois non agricoles. Un résultat bénin pourrait stabiliser l'appétit pour le risque, tandis qu'une surprise plus forte ou plus faible pourrait rapidement modifier les attentes en matière de taux et les évaluations des actions.
Le comportement des secteurs confirme le changement qui s'opère sous la surface. Les groupes cycliques tels que l'industrie, les matériaux et la finance ont mené le récent repli, reflétant la sensibilité à des attentes de croissance plus faibles. En revanche, les méga-capitalisations technologiques ont mieux résisté, soutenant le Nasdaq et amortissant les pertes de l'indice général. Les investisseurs privilégient de plus en plus la durabilité perçue des bénéfices par rapport à l'exposition au bêta large, une dynamique qui précède souvent l'évolution des indices en fourchette lorsque le leadership se rétrécit.
Les signaux croisés des actifs suggèrent la prudence plutôt que le stress. Les actifs à risque restent corrélés, mais sans signes d'excès spéculatifs. Les positions sur les marchés connexes semblent stables plutôt qu'à effet de levier, ce qui réduit le risque de ventes forcées. Cette toile de fond réduit les chances d'une chute brutale des actions, mais elle limite également l'élan haussier jusqu'à l'apparition d'un catalyseur macroéconomique plus clair.
Niveaux clés et prochaines étapes
Pour l'avenir, la feuille de route technique est claire. Du côté haussier, le maintien au-dessus de la zone des 6 800-6 850 maintient la tendance haussière à moyen terme intacte et soutient l'idée que les replis restent correctifs. Un retour décisif au-dessus de 6 980 indiquerait que les acheteurs ont repris le contrôle et ouvrirait la voie vers la région 7 100-7 200. Pour cela, il faudra probablement que les données relatives à l'emploi soient favorables ou que la confiance dans l'assouplissement de la Réserve fédérale soit renouvelée.
Le scénario baissier reste tactique plutôt que structurel. Une perte nette de la moyenne mobile à 50 jours près de 6 805 changerait le caractère du marché et exposerait à un retracement plus profond vers la zone 6 700-6 650, où convergent les niveaux de cassure antérieurs et le support de volume. Un tel mouvement n'invaliderait pas le marché haussier, mais il prolongerait la consolidation et favoriserait les vendeurs à court terme au détriment des acheteurs en baisse.
Pour les traders, le message est clair. Le marché n'est plus en ligne droite. Respectez la résistance près des récents sommets et attendez une confirmation avant de prendre une position longue. Les investisseurs à moyen terme peuvent rester constructifs, mais uniquement en gérant le risque de manière disciplinée autour des principales moyennes mobiles. Tant que les données n'auront pas été clarifiées, la patience restera probablement la position la plus valable.
Comme indiqué précédemment, la progression du S&P 500 a été alimentée par la forte résistance des bénéfices, l'atténuation des pressions inflationnistes et les attentes d'un éventuel soutien politique. Ces piliers restent en place, mais le marché est entré dans une phase où la sensibilité aux données compte plus que l'élan. Le repli actuel correspond à ce schéma, suggérant une digestion plutôt qu'un renversement, à moins que les niveaux de soutien clés ne cèdent.
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