Paris ouvre une enquête sur un possible ciblage étranger de candidats LFI aux municipales
Le parquet de Paris ouvre une enquête sur une possible opération visant la campagne de certains candidats de La France insoumise aux élections municipales. L’enquête porte sur trois candidats à Marseille, Toulouse et Roubaix, dans un contexte de soupçons liés à des contenus trompeurs diffusés en ligne depuis l’étranger.
Points forts
- La justice parisienne ouvre une enquête sur une possible opération étrangère visant trois candidats LFI aux municipales, confiée à l’Unité nationale cyber.
- Les investigations portent sur des soupçons d’intelligence avec une puissance étrangère, de diffusion de fausses nouvelles et d’apologie en ligne du terrorisme.
- Viginum identifie une campagne de contenus trompeurs à effet marginal sur le débat numérique et sans preuve de déstabilisation électorale ou d’ingérence formelle à ce stade.
Ouverture d’une enquête cyber et électorale
Comme l’a rapporté le parquet de Paris auprès de Le Monde, l’enquête est ouverte d’initiative pour déterminer si la campagne de certains candidats LFI aux municipales a pu être ciblée par une opération menée dans l’intérêt d’un Etat tiers. Le ministère public précise ne pas avoir été saisi par plainte, signalement ou dessaisissement.Selon Jean-Luc Mélenchon, trois candidats sont visés, Sébastien Delogu à Marseille, François Piquemal à Toulouse et David Guiraud à Roubaix. Les investigations sont confiées à l’Unité nationale cyber, avec des qualifications portant sur l’intelligence avec une puissance étrangère, le détournement du suffrage d’électeurs par fausses nouvelles ou manœuvres frauduleuses, ainsi que l’apologie en ligne de terrorisme, au regard de certains logos utilisés.
Signalements de Viginum et portée des soupçons
Les magistrats s’appuient sur des publications de Viginum, le service chargé de lutter contre les manipulations de l’information en ligne. Celui-ci évoque un dispositif de diffusion artificielle ou automatisée destiné à propager des contenus manifestement inexacts ou trompeurs, impliquant un acteur localisé à l’étranger.Viginum estime que cette campagne malveillante est de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, tout en relevant un effet marginal sur le débat public numérique et une possible finalité lucrative, sans motivation avérée de déstabilisation du processus électoral. Le parquet rappelle de son côté que la notion d’ingérence vise l’intérêt d’un Etat étranger et qu’aucune suspicion formelle d’une telle intervention ne lui est signalée à ce stade.
La semaine dernière, Sébastien Delogu avait demandé au gouvernement d’agir pour éviter que l’élection présidentielle de 2027 ne soit mise en péril par des ingérences étrangères.
Nous avions précédemment analysé les rivalités au sein de la droite et du centre à l’approche de la présidentielle de 2027, avec la pression exercée par Gérald Darmanin pour qu’Édouard Philippe affiche plus clairement son ambition. L’article soulignait aussi le risque d’éclatement des candidatures entre plusieurs figures, susceptible de compliquer la construction d’un rassemblement et d’un projet commun avant l’échéance électorale.
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