Amundi lance un ETP bitcoin, le marché européen élargit l’accès coté aux cryptomonnaies
Les grands gestionnaires d’actifs et les banques élargissent en Europe l’offre de produits cotés permettant de s’exposer aux cryptomonnaies sans en détenir directement. Cette démocratisation passe surtout par des ETP et des ETN, car la réglementation européenne ne permet pas encore de proposer un ETF bitcoin au sens strict aux particuliers.
Points forts
- Amundi lance son premier ETP adossé au bitcoin, élargissant l’offre cotée en cryptomonnaies en Europe après plus de deux ans de retard sur BlackRock.
- BNP Paribas introduit via Hello bank ! six titres de créances négociés en Bourse, indexés sur le bitcoin et l’ethereum, offrant une exposition indirecte aux cryptoactifs.
- La directive Ucits bloque la création d’ETF 100 % exposés à un seul actif comme le bitcoin, poussant les émetteurs à privilégier les ETN malgré les risques inhérents à ce segment.
Expansion de l’offre cotée en Europe
Comme l’explique Le Monde, Amundi, premier gestionnaire d’actifs européen, annonce le lancement de son propre produit négocié en Bourse adossé au bitcoin, plus de deux ans après BlackRock.Le 26 mars, BNP Paribas officialise aussi, via l’offre de sa filiale en ligne Hello bank !, l’arrivée de six titres de créances négociés en Bourse, indexés sur le bitcoin et l’ethereum. Ces instruments appartiennent à la même famille des ETP, qui inclut également les ETF, des fonds cotés en continu conçus pour répliquer la performance d’un indice ou d’un marché.
La montée de ces produits reflète un intérêt croissant pour une exposition indirecte aux cryptoactifs. Pour les investisseurs particuliers, ils offrent un accès boursier à ces actifs sans exiger l’achat, la conservation ni la gestion technique de jetons numériques.
Contraintes réglementaires et risques du segment
La distinction entre ETF et ETN reste centrale sur le marché européen. Un ETF est composé de parts de fonds, tandis qu’un ETN repose sur des titres de créance émis par un établissement financier détenant des cryptomonnaies, avec pour objectif d’en reproduire les cours.Ronald Richter, directeur pour l’Europe de Bitwise, précise que les jetons sont conservés chez un dépositaire, hors ligne, au moyen de « cold wallets », sous la forme de portefeuilles matériels ou d’ordinateurs déconnectés en permanence d’Internet. Ce dispositif vise à sécuriser les clés cryptographiques privées liées à ces actifs.
Malgré l’élargissement de l’offre, le cadre réglementaire européen limite encore les structures disponibles. En vertu de la directive Ucits sur les organismes de placement collectif en valeurs mobilières, un fonds accessible aux particuliers ne peut pas être exposé à 100 % à un seul actif, ce qui exclut aujourd’hui le bitcoin, l’ethereum, le SOL ou le XRP d’un ETF conforme à ce régime. Les émetteurs se tournent donc vers les ETN pour proposer des produits comparables, un segment qui se démocratise mais reste exposé aux risques propres aux cryptomonnaies et à la structure de dette de ces instruments.
Dans notre précédent article sur l’essor des ETP crypto en Europe, nous expliquions comment des acteurs comme Amundi et BNP Paribas élargissent l’accès au bitcoin et à l’ethereum via des produits cotés, sans détention directe de jetons. Nous soulignions aussi que la croissance des encours et de l’offre ne réduit pas les risques, la volatilité du bitcoin pouvant entraîner des retournements rapides des flux et des phases de fortes sorties.
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