La Guyane défend la levée de l’interdiction d’exploiter les hydrocarbures
Le débat sur l’exploitation des hydrocarbures en Guyane revient à l’Assemblée nationale avec l’examen d’une proposition de loi visant à sortir les territoires ultramarins du champ de la loi Hulot de 2017. Le texte, déjà adopté au Sénat en janvier dans un contexte de crise des carburants, ravive les tensions entre impératifs de développement local et engagements environnementaux de la France.
Points forts
- La proposition de loi menée par le sénateur Georges Patient pour lever l’interdiction d’exploitation d’hydrocarbures ultramarins est débattue à l’Assemblée nationale ce 11 juin.
- Les députés guyanais qualifient la loi Hulot de 2017 de « colonialisme vert », estimant qu’elle freine le développement économique local et alimente l’amertume en Guyane.
- Le texte manque de soutien politique, risquant le rejet, car le bloc central et la gauche dénoncent une régression environnementale incompatible avec les objectifs climatiques de la France.
Un texte contesté examiné à l’Assemblée
Comme le rapporte Le Monde, la proposition de loi portée par le sénateur de Guyane Georges Patient, rejetée en commission des affaires économiques le 3 juin, est examinée en séance jeudi 11 juin à l’Assemblée nationale. Elle vise à lever, pour l’ensemble des collectivités ultramarines concernées, l’interdiction de délivrer des titres d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures instaurée par la loi Hulot.Les députés guyanais Jean-Victor Castor et Davy Rimane, membres du groupe de la Gauche démocratique et républicaine, dénoncent un « colonialisme vert » et critiquent des positions qu’ils jugent imposées depuis Paris au détriment du développement économique de la Guyane. Jean-Victor Castor, rapporteur du texte, souligne que la loi promulguée en 2017 a nourri l’incompréhension puis l’amertume dans des territoires où des travaux d’exploration en cours suscitaient de forts espoirs.
Un soutien politique limité et un débat local divisé
Le texte a peu de chances d’être adopté en séance. Il ne bénéficie ni du soutien du bloc central ni de celui de la gauche, qui y voit une régression environnementale considérable incompatible avec les engagements climatiques de la France.Au-delà du débat parlementaire, la question divise aussi en Guyane. L’enjeu met en balance la perspective de nouvelles ressources économiques pour ce territoire ultramarin et le maintien de la ligne nationale de sortie progressive des énergies fossiles.
Dans notre précédent article sur les blocages législatifs au Parlement, nous expliquions comment plusieurs textes sensibles — dont « Territoires zéro chômeur de longue durée » — ont été ralentis après des modifications au Sénat, imposant une nouvelle lecture à l’Assemblée nationale. Nous soulignions aussi que l’encombrement de l’agenda parlementaire entretenait l’incertitude sur l’issue de ces dossiers, illustrant des rapports de force politiques tendus.
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