La Guyane défend la levée de l’interdiction d’exploiter les hydrocarbures
Le débat sur l’exploitation des hydrocarbures en Guyane revient à l’Assemblée nationale le 11 juin, dans un climat de fortes tensions sur le développement économique du territoire. La proposition de loi portée par le sénateur Georges Patient, déjà adoptée par le Sénat, se heurte toutefois à une opposition politique large qui compromet ses chances d’aboutir.
Points forts
- La proposition de loi visant à exclure la Guyane de la loi Hulot de 2017 sur les hydrocarbures a été rejetée en commission le 3 juin mais sera débattue en séance le 11 juin.
- Les députés guyanais Jean-Victor Castor et Davy Rimane dénoncent le maintien de l’interdiction, estimant qu’elle freine le développement économique local et suscite un ressentiment croissant.
- Le texte a peu de chances d’être adopté à l’Assemblée nationale, la majorité des groupes politiques considérant qu’il constitue une régression environnementale majeure.
Examen parlementaire d’un texte contesté
Comme l’a rapporté Le Monde, la proposition de loi vise à sortir la Guyane du périmètre de la loi Hulot de 2017, qui interdit la délivrance de titres d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures. Le texte, rejeté le 3 juin en commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, est néanmoins examiné en séance le 11 juin après son adoption par le Sénat le 29 janvier.Les députés guyanais Jean-Victor Castor et Davy Rimane, membres du groupe de la Gauche démocratique et républicaine, dénoncent un « colonialisme vert » qu’ils jugent contraire aux intérêts économiques locaux. Selon eux, le maintien de cette interdiction freine les perspectives de développement de la Guyane et alimente un ressentiment croissant parmi les élus et une partie de la population.
Un clivage politique et territorial persistant
Le texte a peu de chances d’être adopté à l’Assemblée nationale, ni le bloc central ni la gauche ne soutenant la mesure. Ses opposants la présentent comme une « régression environnementale considérable », dans un contexte où les arbitrages entre exploitation des ressources et transition écologique restent particulièrement sensibles.Jean-Victor Castor souligne que la loi Hulot a d’abord provoqué l’incompréhension, avant de nourrir l’amertume des habitants et responsables des territoires concernés. Le dossier illustre ainsi la difficulté à concilier doctrine environnementale nationale et attentes de développement économique dans un territoire ultramarin déjà confronté à des contraintes structurelles.
Dans notre précédent article sur le retour du débat sur l’exploitation des hydrocarbures en Guyane, nous expliquions qu’une proposition de loi cherchait à sortir les territoires ultramarins du champ de la loi Hulot de 2017. Nous rappelions que le texte, déjà adopté au Sénat, ravivait l’opposition entre attentes de développement économique local et objectifs environnementaux nationaux, avec un soutien politique jugé limité à l’Assemblée.
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