La France prépare une refonte fiscale pour soutenir les ventes automobiles

La France prépare une refonte fiscale pour soutenir les ventes automobiles
Réforme auto en France

Face au recul des immatriculations neuves en 2026, le gouvernement réunit la filière automobile et les ONG environnementales pour mesurer l'effet de la fiscalité sur la transition vers l'électrique. Les discussions portent aussi sur une prime à la conversion des véhicules anciens, qui pourrait s'appliquer à l'achat d'une voiture électrique neuve ou d'occasion.

Points forts

  • Les ventes de voitures neuves en France ont reculé de 0,6 % sur les cinq premiers mois de 2026 par rapport à 2025, soit 31 % de moins qu'en 2019.
  • Le gouvernement envisage une refonte de la fiscalité automobile, notamment le malus sur le poids et les émissions de CO2, si son impact négatif sur les ventes est confirmé.
  • La Plateforme automobile et Mobilians ont mandaté Roland Berger et AAA Data pour évaluer les effets fiscaux, tandis qu'un consensus s'ébauche sur une prime à la conversion des vieux véhicules.

Réunion sectorielle et pistes fiscales

Comme le rapporte Le Monde, le ministre de l'industrie, Sébastien Martin, réunit jeudi 11 juin dans l'après-midi les représentants du secteur automobile ainsi que des ONG de défense de l'environnement. L'objectif est d'évaluer l'impact de la fiscalité mise en place pour favoriser l'électrification sur l'évolution des ventes de voitures neuves.

Sur les cinq premiers mois de 2026, les ventes reculent globalement de 0,6 % par rapport à la même période de 2025. La baisse atteint 31 % par rapport aux cinq premiers mois de 2019, niveau qui reste une référence pour une filière en quête de reprise.

Le ministre s'est dit prêt, en janvier, à revoir en profondeur la taxation des véhicules si le malus, appliqué selon le poids et les émissions de CO2, se confirme comme un facteur de faiblesse du marché. Les constructeurs et les concessionnaires défendent cette analyse, mais il leur a été demandé d'en apporter la démonstration chiffrée.

Évaluations encore attendues pour la filière

À ce stade, aucune conclusion définitive ne semble pouvoir être arrêtée. La Plateforme automobile, qui regroupe les constructeurs et les grands équipementiers, ainsi que Mobilians, qui rassemble les métiers de services de l'automobile, n'ont pas encore achevé leur évaluation.

Les deux organisations ont mandaté Roland Berger et AAA Data pour mesurer l'effet des différentes mesures réglementaires et fiscales sur les ventes. En raison de la complexité des calculs, leurs résultats ne peuvent pas être présentés lors de la réunion de jeudi.

L'un des rares points de convergence entre organisations professionnelles et ONG porte toutefois sur la création d'une prime à la conversion des vieilles voitures. Un tel mécanisme viserait à soutenir la demande tout en accélérant le remplacement du parc ancien par des véhicules électriques, neufs ou d'occasion.

Dans notre précédent article sur la réunion du gouvernement avec les acteurs de l’automobile et des ONG, nous expliquions que l’exécutif cherchait à mesurer l’effet des taxes liées à l’électrification sur un marché du neuf en recul en 2026. Nous y rappelions aussi que toute refonte du malus (poids et émissions de CO2) dépendait d’éléments chiffrés attendus de la filière, avec des évaluations confiées à Roland Berger et AAA Data qui repoussaient les décisions à court terme.

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