La France accélère le déploiement de l'IA dans la fonction publique avec un plan de généralisation

La France accélère le déploiement de l'IA dans la fonction publique avec un plan de généralisation
L’IA se généralise en France

À la veille de l'ouverture de Vivatech, le gouvernement présente un plan pour étendre l'usage de l'intelligence artificielle dans la fonction publique d'Etat et alléger les tâches administratives. L'initiative s'inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté technologique, avec 655 millions d'euros d'investissements supplémentaires annoncés pour les infrastructures, la recherche et les capacités de calcul.

Points forts

  • La France va généraliser l'« assistant IA » basé sur Mistral AI et hébergé par Outscale à toute la fonction publique dès 2025 pour environ 700 000 euros.
  • Le gouvernement étend Transcripts, DiploIA et GenIAI à l'ensemble des ministères afin d'automatiser la transcription, la traduction et le traitement des données sensibles.
  • La France investit 655 millions d'euros supplémentaires dans l'infrastructure, la recherche et les filières industrielles de l’IA pour renforcer la souveraineté numérique publique.

Déploiement des outils et calendrier gouvernemental

Comme l'a rapporté Le Monde, le ministre de l'action et des comptes publics, David Amiel, présente mardi 16 juin un plan pour une « IA utile, humaine et souveraine » destiné aux agents publics et à l'efficacité de l'action publique. Le dispositif arrive alors que l'administration considère désormais que le principal risque n'est plus d'adopter l'IA, mais de rester en marge de cette évolution technologique.

Le plan prévoit d'abord la généralisation à l'ensemble de la fonction publique d'Etat de l'« assistant IA », un agent conversationnel testé depuis 2025 auprès de 10 000 agents volontaires. Développé par la direction interministérielle du numérique, l'outil repose sur les modèles de Mistral AI, tandis que les données sont hébergées par Outscale, la division cloud de Dassault Systèmes. Après un investissement de 300 000 euros pour la phase pilote, son extension doit coûter environ 700 000 euros.

L'Etat étend aussi Transcripts à l'ensemble de ses agents afin d'automatiser la transcription de rendez-vous, réunions ou auditions. Selon l'administration, ces travaux représentent en moyenne quatre heures par semaine pour les agents. L'outil de traduction DiploIA, lancé par le Quai d'Orsay, doit également être ouvert à tous les ministères, tandis que GenIAI, la plateforme d'IA générative des armées, est déployée dans les ministères de la justice et de l'intérieur pour traiter des données sensibles ou accélérer le traitement des visas.

Enjeux de souveraineté et impact sur les services publics

En parallèle, la France va investir 655 millions d'euros supplémentaires dans le développement de l'IA. Le premier ministre Sébastien Lecornu déclare dans une vidéo publiée mardi sur les réseaux sociaux que ces financements doivent soutenir les infrastructures, les capacités de calcul, la recherche et les filières industrielles.

Le gouvernement met ainsi en avant une approche qui associe modernisation administrative et souveraineté numérique, en s'appuyant sur des acteurs français pour les modèles et l'hébergement. Une négociation sociale doit en outre être lancée jeudi pour encadrer l'usage de cette technologie au sein de l'administration, alors que l'exécutif cherche à concilier gains de productivité, protection des données et acceptabilité pour les agents publics.

Dans notre précédent article sur le plan du gouvernement français pour généraliser l’IA dans l’administration, nous expliquions le déploiement d’outils comme l’« assistant IA » (adossé à Mistral AI et hébergé par Outscale), ainsi que l’extension de services tels que Transcripts et DiploIA à l’ensemble des agents. Nous rappelions aussi que cette stratégie s’accompagne d’un investissement supplémentaire de 655 millions d’euros et d’une future négociation sociale, afin de concilier gains d’efficacité, protection des données et souveraineté numérique.

Ce matériel peut contenir des opinions de tiers, aucune des données et informations sur cette page web ne constitue un conseil en investissement selon notre Avertissement. Bien que nous respections une stricte Intégrité Éditoriale, ce post peut contenir des références à des produits de nos partenaires.