Le Parlement européen durcit le règlement « Retour », divisant le bloc central français
À un an de l’élection présidentielle en France, le règlement européen dit « Retour » accentue les fractures entre les composantes françaises du groupe Renew sur la politique migratoire. Le vote définitif prévu mercredi 17 juin met aussi en lumière un repositionnement de la droite et de l’extrême droite autour d’un texte qui renforce les sanctions et l’éloignement des déboutés de l’asile.
Points forts
- Le Parlement européen vote le 17 juin sur un règlement « Retour » durci, qui facilite sanctions et expulsions des déboutés du droit d’asile.
- Le bloc central français est divisé : MoDem et Renaissance majoritairement opposés, Horizons et UDI favorables, en raison d’un accord initié par François-Xavier Bellamy.
- Le nouveau texte complète le pacte migratoire appliqué en France depuis le 12 juin 2026 et accentue les tensions politiques locales à l’approche de 2027.
Vote final et lignes de fracture politiques
Comme le rapporte Le Monde, le règlement « Retour » doit être adopté définitivement mercredi 17 juin par le Parlement européen après plusieurs mois de débats et de durcissement du texte. Ce cadre législatif est présenté comme un outil destiné à renforcer nettement la politique migratoire européenne en facilitant les sanctions et le renvoi des personnes déboutées du droit d’asile.Au sein du bloc central français, les 13 eurodéputés réunis dans Renew ne votent pas d’un même bloc. Les élus MoDem prévoient de voter contre, comme une majorité des députés Renaissance, tandis que les eurodéputés d’Horizons et de l’UDI soutiennent le texte.
Cette division politique est alimentée par un accord orchestré par François-Xavier Bellamy, qui contribue au durcissement du règlement et explique aussi le revirement du Rassemblement national. Le dossier devient ainsi un point de tension rare pour un texte européen, à la fois entre les familles de droite et à l’intérieur de l’ex-majorité présidentielle française.
Renforcement du cadre migratoire européen
Le règlement a été conçu comme un complément du pacte sur la migration et l’asile adopté en 2024. Ce pacte est entré en application en France le 12 juin 2026, et le nouveau texte vise à en renforcer le volet répressif sur les retours.À l’origine, cet objectif de fermeté faisait l’objet d’un soutien plus large au sein du bloc central et chez ses partenaires européens. Le Parlement européen travaillait alors sur ce texte avec le Néerlandais Malik Azmani, du groupe Renew, en première ligne sur sa rédaction.
Le durcissement intervenu au fil des négociations modifie toutefois l’équilibre politique du dossier. Au-delà du vote au Parlement européen, cette séquence souligne les divergences croissantes entre partis français sur la gestion migratoire, avec des implications directes pour le positionnement de chacun à l’approche de 2027.
Dans un précédent article, nous revenions sur l’adoption par le Parlement européen de la réforme dite des « hubs de retour », destinée à accélérer l’éloignement des demandeurs d’asile déboutés et à renforcer les sanctions. Nous soulignions aussi que le texte, conçu comme un complément du pacte migration et asile de 2024, ouvre la possibilité de centres de rétention hors de l’UE et cristallise une forte polarisation politique au sein de l’hémicycle.
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