L’Assemblée nationale encadre l’examen du budget et de la sécurité sociale à l’automne
À l’automne, le Parlement examine et vote le budget de la France pour l’année suivante dans un cadre strict fixé par la Constitution et la loi organique relative aux lois de finances. Cette procédure concentre une part majeure de l’activité parlementaire, avec un calendrier contraint, une initiative réservée au gouvernement et un vote séparé entre recettes et dépenses.
Points forts
- Le projet de loi de finances déposé avant le premier mardi d’octobre doit être examiné et adopté en 70 jours maximum, sous peine de mise en œuvre par ordonnance.
- La première partie du texte, axée sur les recettes et plafonds de dépenses, conditionne l’examen des crédits spécifiques par mission dans la seconde partie.
- L’examen implique toutes les commissions à l’automne, avec cinq jours dédiés à la première partie en séance publique et trois semaines à la seconde, principalement pour les missions budgétaires.
Calendrier et règles de la procédure budgétaire
Comme l’explique l’Assemblée nationale, la loi de finances ne peut venir que d’un projet de loi du gouvernement et doit être déposée d’abord à l’Assemblée nationale avant le premier mardi d’octobre précédant l’exercice concerné.Le texte se présente obligatoirement en deux parties. La première autorise la perception des impôts, évalue les recettes, fixe les plafonds de dépenses et arrête les données générales de l’équilibre budgétaire. La seconde fixe les crédits par mission de l’État ainsi que le plafond des dépenses par ministère.
Le vote de la première partie constitue un préalable indispensable à l’examen de la seconde. Contrairement aux autres projets de loi, le texte discuté en séance publique est celui du gouvernement, et non celui établi par la commission des finances.
Le Parlement dispose d’un délai maximal de 70 jours pour statuer, dont 40 jours pour la première lecture à l’Assemblée nationale, 20 jours pour celle du Sénat et 10 jours pour la navette parlementaire. À l’issue de ce délai, le gouvernement peut recourir à une ordonnance pour mettre les dispositions en œuvre. L’examen relève en outre de la procédure accélérée, avec commission mixte paritaire dès la fin de la première lecture dans les deux chambres en cas de désaccord.
Mobilisation des commissions et portée institutionnelle
La discussion budgétaire mobilise l’ensemble des commissions à l’automne, mais la commission des finances reste saisie au fond. Son rapporteur général produit un rapport en trois tomes, couvrant l’analyse globale du budget, les dispositions de la première partie et les articles de la seconde partie non rattachés à une mission.L’examen détaillé des crédits des missions et des programmes est confié à des rapporteurs spéciaux, tandis que les autres commissions permanentes rendent des avis sur les crédits relevant de leurs compétences par l’intermédiaire de rapporteurs pour avis. Une mission regroupe des programmes relevant d’une même politique publique, qu’ils dépendent d’un seul ministère ou de plusieurs.
En séance publique, la première partie du projet de loi de finances occupe environ cinq jours, tandis que la seconde s’étale sur environ trois semaines, principalement consacrées aux missions budgétaires. La procédure s’achève par un vote sur l’ensemble du projet de loi de finances, ce qui en fait l’un des temps forts institutionnels et opérationnels de l’année parlementaire.
Dans notre précédent article sur la fragilité des finances publiques françaises, nous revenions sur un déficit public attendu à 5,1 % du PIB en 2025 et une dette autour de 115,7 % du PIB, parmi les niveaux les plus élevés de l’Union européenne. Nous expliquions aussi pourquoi la hausse de la charge d’intérêt, les besoins de défense et le vieillissement démographique renforcent la pression pour un redressement, avec un effort évoqué pouvant atteindre 125 milliards d’euros d’ici 2032.
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