La Commission européenne renouvelle l’agenda des droits sociaux dans l’UE

La Commission européenne renouvelle l’agenda des droits sociaux dans l’UE
L’UE renouvelle son agenda social

Face à la persistance des pressions sur le coût de la vie et à l’évolution technologique rapide, la Commission européenne réaffirme le Socle européen des droits sociaux comme cadre pour des marchés du travail équitables et une protection sociale dans toute l’UE. La nouvelle Communication fait le point sur les progrès réalisés depuis l’adoption du Socle et définit de nouvelles priorités en matière d’accessibilité, d’intelligence artificielle et de réduction des inégalités.

Points forts

  • La Commission européenne place l’accessibilité, l’impact de l’IA sur le travail et la réduction des inégalités au cœur de son agenda social renouvelé, en complément des actions existantes sur l’emploi et la pauvreté.
  • La Commission lance une première phase de consultation avec les partenaires sociaux européens sur des mesures visant à aider les personnes confrontées à de grands obstacles à l’emploi à passer de l’inactivité à l’emploi, ciblant la pauvreté et l’exclusion.
  • Un nouveau groupe de haut niveau se penchera sur les effets de l’IA sur le marché du travail, tandis que la législation à venir inclura une loi sur la qualité de l’emploi et un soutien aux PME pour la mise en œuvre de la directive sur la transparence salariale.

Cet article a été traduit de l'original. Lisez la version originale de notre correspondant ici.

La Commission fixe de nouvelles priorités pour la politique sociale

Comme l’indique la Commission européenne, la Communication adoptée aujourd’hui affirme que le Socle européen des droits sociaux demeure le bouclier social de l’Union et un guide pour accompagner les mutations structurelles tout en préservant l’équité et la prospérité.

Le document identifie trois domaines nécessitant une attention urgente supplémentaire : l’accessibilité et le coût de la vie, l’impact de l’intelligence artificielle sur le travail, et la nécessité de réduire les inégalités tout en élargissant l’égalité des chances. Ces priorités viennent compléter les actions déjà menées par la Commission en matière d’emploi, de compétences, de mobilité et de lutte contre la pauvreté.

La Commission indique qu’elle continuera de soutenir les mesures visant à réduire les risques de pauvreté et à améliorer l’accès aux services essentiels, alors que les ménages font toujours face à des coûts élevés pour le logement, l’énergie, les services et les biens de première nécessité. Elle précise également que les salaires minimums ont nettement augmenté dans l’UE depuis l’adoption de la directive concernée, tandis que la qualité de l’emploi reste centrale pour atténuer les pressions sur l’accessibilité.

Pour lutter contre l’exclusion du marché du travail, la Commission lance une première phase de consultation des partenaires sociaux européens sur une éventuelle action de l’UE visant à aider les personnes confrontées à d’importants obstacles à l’emploi à passer de l’inactivité à l’emploi. Ce processus alimentera directement ses travaux sur la pauvreté, l’exclusion, l’inclusion sur le marché du travail et la compétitivité.

Focus sur l’IA, la qualité de l’emploi et l’égalité

La Communication souligne que le développement rapide de l’IA transforme les marchés du travail, créant des opportunités d’innovation, de productivité, d’apprentissage et de croissance, tout en soulevant des questions sur l’emploi, l’éducation, les compétences, l’inclusion sociale et les services publics. En réponse, la Commission mettra en place un nouveau groupe de haut niveau sur l’impact de l’IA sur le marché du travail.

Concernant les inégalités, la Commission constate que des écarts persistants continuent de peser sur la cohésion sociale et territoriale, la durabilité à long terme, l’innovation, la compétitivité et la résilience démographique dans l’UE. Les actions prévues incluent un soutien aux PME pour la mise en œuvre de la directive sur la transparence salariale, ainsi que de prochaines propositions telles que l’initiative « Droit de rester » et la stratégie européenne pour la jeunesse après 2027.

Plus tard cette année, la Commission présentera une loi sur la qualité de l’emploi, faisant suite à la feuille de route sur la qualité de l’emploi, et envisagera de nouveaux indicateurs pour mesurer la qualité de l’emploi dans l’UE, en complément des objectifs existants à l’horizon 2030 en matière d’emploi, de compétences et de réduction de la pauvreté. La Communication s’appuie sur le Socle adopté en 2017 et sur les engagements pris lors du Sommet social de Porto en 2021, où les dirigeants de l’UE et les partenaires sociaux ont convenu de placer la politique sociale au cœur de l’agenda européen.

Dans notre précédente couverture de l’adoption de l’IA dans le monde du travail, nous avons examiné des enquêtes et des données sectorielles suggérant que l’adoption reste progressive plutôt que transformatrice. L’article soulignait que seule une faible part des travailleurs utilise l’IA quotidiennement et que l’adoption par les entreprises reste limitée, sans preuve claire à ce jour de gains de productivité généralisés ou d’effets désinflationnistes significatifs.

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