L’AMF plaide pour une supervision européenne renforcée des marchés de capitaux
Le débat sur l’Union de l’épargne et de l’investissement prend une dimension stratégique en Europe, alors que l’intégration des marchés de capitaux est présentée comme une condition de l’autonomie financière de l’Union. Dans ce contexte, la présidente de l’Autorité des marchés financiers estime qu’une réforme mesurée de la supervision est nécessaire pour réduire la fragmentation, les coûts de financement et les risques d’arbitrage réglementaire.
Points forts
- L’AMF appelle à une adoption rapide de la réforme MISP pour renforcer l’Union de l’épargne et de l’investissement et éviter de graves coûts en cas de nouvelle crise.
- L’article positionne ESMA comme superviseur central européen, à condition d’adapter sa gouvernance et de mutualiser les ressources avec les autorités nationales.
- La convergence de la supervision devrait réduire la fragmentation, simplifier la réglementation et aboutir à un marché unique des capitaux plus stable et efficace.
Réforme de la supervision au cœur du marché unique des capitaux
Selon AMF, citant l’Autorité des marchés financiers, dans un article de Marie-Anne Barbat-Layani publié dans le Magazine Eurofi de septembre 2026, le projet d’Union de l’épargne et de l’investissement constitue le chantier financier le plus important de l’Union européenne depuis la monnaie unique, avec un enjeu direct pour la capacité du bloc à financer ses priorités politiques.La dirigeante juge que les critiques visant la réforme de l’intégration et de la supervision des marchés proposée par la Commission européenne reposent sur une vision erronée du cadre actuel. Selon elle, l’architecture existante alimente la fragmentation du système financier, accroît les charges administratives, renchérit le financement de l’économie et favorise l’arbitrage réglementaire.
Elle soutient également que le dispositif actuel reste insuffisant sur le plan de la stabilité financière, en particulier pour les grandes entités paneuropéennes et les infrastructures de marché, où la dilution des responsabilités de supervision affaiblit l’efficacité du contrôle. Sur la protection des investisseurs, elle estime que le passeport européen, sans convergence suffisante des pratiques de supervision, peut ouvrir la voie aux malentendus et à la mauvaise commercialisation.
L’article présente ainsi la réforme MISP comme une étape modérée mais calibrée pour corriger ces faiblesses. Il défend une adoption rapide du texte, en avertissant qu’attendre une nouvelle crise financière pour agir augmenterait le coût économique et institutionnel du retard.
ESMA, gouvernance et effets attendus pour l’industrie
Le plaidoyer en faveur d’une supervision plus centralisée s’accompagne d’un argument de simplification réglementaire. L’analyse avancée est qu’une plus grande convergence de la supervision permettrait de réduire le besoin de règles excessivement détaillées, souvent conçues pour compenser les divergences entre autorités nationales, et d’évoluer vers une approche davantage fondée sur les résultats.Dans cette perspective, ESMA est présentée comme pouvant devenir un superviseur européen plus efficace, à condition de développer sa culture de supervision et d’adapter sa gouvernance. L’article souligne que l’AMF française et l’AFM néerlandaise ont formulé des propositions en ce sens dans un document publié le 22 juillet, notamment autour d’une gouvernance plus diversifiée et plus représentative des compétences professionnelles.
La montée en puissance d’ESMA passerait toutefois par un appui des autorités nationales, via des détachements, une mutualisation des ressources et la construction d’une culture commune. Pour l’auteure, cette transition ne doit pas déboucher sur une double supervision, mais au contraire sur une responsabilité européenne claire, avec à la clé un marché unique des capitaux plus cohérent et mieux armé pour financer les priorités de l’Union.
Dans notre précédent article sur la réforme de l’Union douanière européenne, nous expliquions comment l’UE veut moderniser et harmoniser les contrôles face à l’essor du e-commerce et à la montée des risques. Le projet prévoit la création d’une Autorité douanière de l’UE (EUCA) à Lille et la mise en place d’un Data Hub unique pour centraliser les données, avec un déploiement progressif des nouvelles obligations pour les entreprises et les plateformes entre 2028 et 2034.
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