L’Autorité de la concurrence autorise la fusion Euralis-Maïsadour sous conditions dans l’agroalimentaire
Le rapprochement entre les groupes coopératifs Euralis et Maïsadour peut se concrétiser après un examen portant sur plusieurs segments clés de la filière agricole et agroalimentaire. L’autorisation reste assortie de trois séries d’engagements destinés à limiter les risques concurrentiels sur les marchés des canards gras, de la collecte de céréales, oléagineux et protéagineux, ainsi que de la nutrition animale.
Points forts
- L’Autorité de la concurrence autorise la fusion Euralis-Maïsadour sous condition d’engagements visant à préserver la concurrence sur les marchés agricoles sensibles.
- Les conditions imposées concernent principalement les secteurs du canard gras, de la collecte de céréales, oléagineux, protéagineux et de la nutrition animale, pour limiter les risques anticoncurrentiels.
- Après l’abandon du projet en août 2023, la validation reflète un cadre pragmatique permettant des regroupements coopératifs sans compromettre la concurrence dans la filière agroalimentaire.
Conditions imposées sur des marchés agricoles clés
Comme l’a indiqué l’Autorité de la concurrence, l’opération est validée à l’issue d’une instruction durant laquelle de nombreux tiers, dont des agriculteurs, des concurrents et des enseignes de la grande distribution, ont été consultés. Le feu vert est toutefois subordonné à des engagements pris par les deux parties pour préserver la concurrence sur plusieurs activités jugées sensibles.L’examen porte en particulier sur les canards gras, la collecte de céréales, d’oléagineux et de protéagineux, ainsi que la nutrition animale. L’Autorité estime que ces mesures sont nécessaires pour répondre aux risques d’atteinte au jeu concurrentiel liés à cette concentration.
Un dossier relancé après l’abandon de 2023
Le dossier s’inscrit dans un processus plus large de réorganisation entre les deux coopératives. L’Autorité souligne qu’un dialogue constant avec les entreprises a permis de mener l’instruction à son terme, après l’abandon en août 2023 d’un projet de création d’entreprise commune dans le secteur du canard gras.Dans une déclaration citée par l’institution, son président Benoît Cœuré estime que la décision illustre un cadre pragmatique et un dialogue constructif avec les parties prenantes. Selon lui, les engagements retenus montrent que des regroupements dans les coopératives agricoles restent possibles sans compromettre le bon fonctionnement de la concurrence sur l’ensemble de la chaîne de valeur, du secteur agricole et agroalimentaire jusqu’aux consommateurs.
Dans notre précédent article sur l’avis de l’Autorité de la concurrence concernant les agents d’IA, nous expliquions que ce marché, encore ouvert à de nouveaux entrants, se concentre déjà autour de quelques grands acteurs. Nous détaillions aussi les risques identifiés (désintermédiation, discrimination, baisse de la diversité de l’offre et manque de transparence pour les consommateurs) et l’appel à un suivi renforcé ainsi qu’à des standards d’interopérabilité ouverts.
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