France, les défilés du 1er-Mai mobilisent plus de 300 000 personnes selon la CGT
La Journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs relance en France les revendications salariales et le débat sur le travail autorisé le 1er mai. Les syndicats font état d'une mobilisation nationale de plus de 300 000 personnes, tandis que le gouvernement tente de recentrer sa réforme sur les seuls artisans boulangers et fleuristes.
Points forts
- La CGT recense plus de 300 000 manifestants dans toute la France le 1er mai 2024, dont 100 000 à Paris et 320 manifestations prévues.
- Le gouvernement limite la possibilité de travail le 1er mai aux artisans boulangers et fleuristes via un projet de loi attendue avant le 1er mai 2027, écartant une ouverture plus large des commerces.
- Sophie Binet (CGT) réclame une hausse du smic de 5 % et l'indexation des salaires sur l'inflation supérieure à 2 %, pointant la hausse des coûts énergétiques comme difficulté majeure.
Mobilisation nationale et revendications sociales
Comme l'a rapporté Le Monde, la CGT recense plus de 300 000 manifestants dans toute la France, dont 100 000 à Paris, pour cette journée du 1er mai. Au total, 320 manifestations sont prévues dans le pays, alors que le ministre de l'intérieur, Laurent Nuñez, indiquait jeudi soir sur Franceinfo TV qu'un peu plus de 100 000 personnes étaient attendues.L'an dernier, les cortèges avaient rassemblé entre 157 000 et 300 000 personnes selon les comptages de la police et de la CGT. A Paris, le défilé part de la place de la République à 14 heures en direction de la place de la Nation, avec notamment la présence de Marylise Léon pour la CFDT et de Sophie Binet pour la CGT.
En région, les écarts de comptage restent marqués. A Toulouse, entre 5 500 personnes selon la préfecture et 12 000 selon la CGT manifestent dans la matinée, tandis que la préfecture décompte 6 500 manifestants à Lyon, 3 400 à Marseille, et que la police fait état de 4 000 participants à Nantes.
Sur le fond, les organisations syndicales remettent au centre les salaires et le smic. Marylise Léon affirme qu'une hausse du smic est nécessaire dans un contexte d'inflation estimée à plus de 2 %, et plaide en parallèle pour des négociations dans les différentes branches professionnelles.
Bras de fer sur l'ouverture des commerces
Le débat porte aussi sur l'emploi de salariés le 1er mai dans certaines activités de proximité. De nombreux artisans boulangers et fleuristes font travailler leurs salariés avec le soutien du gouvernement, malgré une législation actuelle qui l'interdit et les protestations syndicales.Face au rejet unanime des syndicats, l'exécutif écarte une proposition de loi plus large visant notamment les commerces de bouche, les fleuristes et les établissements culturels. Le gouvernement veut désormais limiter cette possibilité aux seuls artisans boulangers et fleuristes, sous réserve d'accords de branche, avec un projet de loi qui devrait entrer en vigueur avant le 1er mai 2027.
Sophie Binet dénonce pour sa part une "cacophonie gouvernementale" et demande une hausse du smic de 5 % ainsi qu'une indexation des salaires sur les prix. Selon elle, la difficulté des boulangers tient davantage à la hausse des factures d'énergie et du coût des matières premières qu'à l'interdiction de faire travailler des salariés le 1er mai.
Dans l'attente d'un nouveau texte, l'incertitude demeure pour cette édition 2026. Le gouvernement affirme n'avoir donné aucune instruction aux inspecteurs du travail, tout en appelant au respect du volontariat des salariés, condition présentée comme non négociable lors des contrôles réalisés dans les commerces restés ouverts.
Dans notre précédent article sur la mobilisation syndicale du 1er Mai et la controverse autour du travail pendant ce jour férié, nous revenions sur l’ampleur des rassemblements annoncés dans toute la France et sur le retour des salaires au cœur des revendications, dans un contexte d’inflation supérieure à 2 %. Nous expliquions aussi que le gouvernement avait réduit son projet d’ouverture à une dérogation encadrée pour les artisans boulangers et fleuristes, tout en laissant persister un flou sur les modalités de contrôle.
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