L'accord États-Unis-Iran fait baisser les prix du pétrole
Les prix du pétrole ont baissé jeudi après que les États-Unis et l'Iran ont signé un accord intérimaire visant à mettre fin à la guerre et à rouvrir le détroit d'Ormuz, déplaçant l'attention du marché des perturbations liées au conflit vers le retour de l'offre. La baisse a été tempérée par l'incertitude entourant la mise en œuvre, après que le président Donald Trump a averti que les attaques américaines pourraient reprendre si Téhéran ne respectait pas les termes de l'accord.
Points forts
- Le pétrole Brent a chuté de 1,9 % à 77,17 $, tandis que le brut WTI a reculé de 1,8 % à 73,61 $.
- L'accord États-Unis-Iran prévoit un retour du trafic à Ormuz à pleine capacité d'ici 30 jours.
- L'accord lance une période de négociation de 60 jours mais laisse en suspens les questions nucléaires et régionales majeures.
- Les marchés pétroliers intègrent une offre iranienne accrue, bien que les risques sécuritaires persistent.
Cet article a été traduit de l'original. Lisez la version originale de notre correspondant ici.
L'accord accroît les prévisions d'offre
Brent a chuté de 1,9 % à 77,17 $ le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain a reculé de 1,8 % à 73,61 $. Ce mouvement a prolongé une baisse plus large des prix du brut, les traders intégrant la possibilité que les exportations de pétrole iranien et les flux maritimes du Golfe se rétablissent plus rapidement que prévu, rapporte Reuters.
Le mémorandum en 14 points marque le début d'une période de négociation de 60 jours et prévoit un passage sans péage par le détroit d'Ormuz, l'une des routes maritimes les plus importantes au monde pour le pétrole et le gaz. L'accord prévoit également la levée du blocus américain des ports iraniens, des dérogations aux sanctions sur le pétrole iranien et le dégel des avoirs iraniens.
Le détroit d'Ormuz est au cœur de la réaction du marché car le conflit a perturbé un point de passage stratégique qui achemine une part importante des flux mondiaux de brut et de gaz naturel liquéfié. Un retour à pleine capacité d'ici 30 jours améliorerait les perspectives d'approvisionnement, bien que les analystes restent prudents quant à la rapidité avec laquelle les armateurs et les assureurs renverront des navires dans la région.
Le risque politique n'a pas disparu
Le soulagement initial du marché a été limité par l'avertissement de Trump selon lequel les États-Unis pourraient reprendre l'action militaire si l'Iran viole l'accord. Cette menace a brièvement inversé une partie de la baisse des prix mercredi avant que les ventes ne reprennent jeudi.
L'accord laisse plusieurs questions difficiles non résolues, notamment le programme nucléaire de l'Iran et le cadre à plus long terme pour la levée des sanctions. L'Iran a accepté de ne pas construire d'armes nucléaires et d'autoriser la dilution de l'uranium enrichi sous la supervision de l'Agence internationale de l'énergie atomique, mais l'accord ne supprime pas tous les risques stratégiques liés aux missiles, aux alliances régionales ou au conflit au Liban.
Les dirigeants du G7 ont salué l'accord tout en appelant à un cessez-le-feu au Liban, où les hostilités entre Israël et le Hezbollah se sont apaisées mais n'ont pas cessé. Israël ne faisait pas partie des négociations entre les États-Unis et l'Iran et a déclaré qu'il se réservait le droit d'utiliser la force.
Du risque de pénurie à un possible excédent
L'accord pourrait changer l'orientation du marché pétrolier. Pendant la guerre, le risque principal était la pénurie : navigation bloquée, coûts de fret plus élevés, réduction des exportations iraniennes et pression inflationniste due aux prix élevés du carburant. Désormais, le risque est que le retour de l'offre du Moyen-Orient arrive au moment même où la demande s'affaiblit.
L'Agence internationale de l'énergie a averti mercredi qu'une réouverture réussie d'Ormuz pourrait transformer la crise de l'offre de cette année en un excédent significatif en 2027. Elle prévoit que l'offre pourrait excéder la demande de 5,05 millions de barils par jour l'année prochaine avec le retour des barils du Moyen-Orient sur le marché.
Ce changement explique pourquoi les prix du brut ont chuté alors même que les stocks restent tendus et que les risques politiques ne sont pas résolus. Les traders ne se contentent plus de pricer la menace de perturbation. Ils se préparent également à un marché où les exportations iraniennes se redressent, où le transport maritime dans le Golfe se normalise et où l'offre de pétrole croît plus vite que la demande.
Précédemment, nous rapportions que le pétrole baisse alors que l'incertitude sur Ormuz maintient les traders prudents.
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