EDF, la renationalisation totale jugée coûteuse et sans utilité démontrée par la Cour des comptes

EDF, la renationalisation totale jugée coûteuse et sans utilité démontrée par la Cour des comptes
Renationalisation EDF critiquée

Trois ans après l’annonce politique d’un retour intégral de l’Etat au capital d’EDF, l’opération de retrait des actionnaires minoritaires reste contestée sur son intérêt économique. La Cour des comptes estime que les 9,7 milliards d’euros engagés en 2023 n’ont apporté aucun financement nouveau au groupe, alors que l’Etat détenait déjà près de 84 % du capital.

Points forts

  • Selon la Cour des comptes, la renationalisation totale d’EDF en 2023 représente une opération coûteuse sans utilité démontrée à ce jour.
  • L’Etat a acquis les actions minoritaires à 12 euros, soit une prime de plus de 40 % sur le cours moyen de 8,50 euros en 2022.
  • Malgré cette prime, certains actionnaires minoritaires ont contesté la transaction, lançant des recours après le retrait d’EDF de la cote.

Un rapport critique sur le rachat de 2023

Comme le rapporte Le Monde, la Cour des comptes dans un rapport publié jeudi 28 mai, la prise de contrôle à 100 % d’EDF par l’Etat constitue une « opération coûteuse » dont « l’utilité n’est pas démontrée à ce jour ». L’institution considère que ni les impératifs de souveraineté et d’indépendance énergétiques, ni les besoins de financement du groupe, ni l’objectif de renforcer son pilotage opérationnel ne rendaient nécessaire une détention intégrale, l’Etat contrôlant déjà largement l’électricien.

Le projet avait d’abord été présenté par Emmanuel Macron en mars 2022, pendant la campagne présidentielle, avant d’aboutir en juin 2023. Selon le document de 60 pages, le retour de l’Etat à 100 % du capital n’a pas apporté de ressources nouvelles à EDF, malgré le coût élevé de l’opération pour les finances publiques.

Coût élevé et contestation des minoritaires

La Cour des comptes souligne que cette acquisition est la plus importante réalisée par l’Agence des participations de l’Etat depuis sa création en 2004. Pour finaliser l’opération, l’Etat a racheté les actions des minoritaires à 12 euros l’unité, contre un cours de Bourse qui évoluait plutôt autour de 8,50 euros en 2022.

Cette prime de plus de 40 % n’a pas empêché certains actionnaires de s’estimer lésés et d’engager des recours. Avant le retrait complet de la cote, environ 15 % du capital d’EDF étaient détenus par des investisseurs institutionnels et particuliers, tandis que 1,3 % appartenaient à des salariés actionnaires.

Nous avions déjà analysé le rapport de la Cour des comptes remettant en question l’intérêt économique de la reprise à 100 % d’EDF par l’État, finalisée en 2023 pour environ 9,7 milliards d’euros. La juridiction y soulignait notamment l’absence de financement nouveau pour le groupe et la prime de plus de 40 % versée aux actionnaires minoritaires, un point qui a nourri des contestations et des recours.

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