Les pays industrialisés subissent la hausse des coûts d’emprunt et la pression sur les budgets
Le retour de l’inflation et l’aggravation des déficits publics poussent les coûts d’emprunt à la hausse dans les économies avancées, réduisant la marge de manœuvre budgétaire des Etats. Cette tension sur les marchés obligataires accroît la charge financière des gouvernements déjà très endettés et risque de freiner davantage la croissance.
Points forts
- L’Agence France Trésor a émis le 4 juin une obligation à dix ans de 9,2 milliards d’euros au taux de 3,8 %, au plus haut depuis 2009.
- La demande reste forte mais les investisseurs exigent des rendements nettement plus élevés, augmentant la pression sur les finances publiques françaises et internationales.
- Les rendements obligataires de long terme ont atteint des sommets pluriannuels : 5,2 % aux U.S. (mai), 5,8 % au UK (1998) et 4 % au Japon (record historique).
Des émissions souveraines plus coûteuses
Comme le rapporte Le Monde, la France illustre cette remontée du coût de la dette avec une opération menée jeudi 4 juin par l’Agence France Trésor pour financer le déficit budgétaire. L’agence a émis plusieurs titres sur les marchés, dont une obligation de 9,2 milliards d’euros à dix ans, remboursable en 2036, au taux de 3,8 %, soit le niveau le plus élevé depuis 2009.La demande des investisseurs reste présente, mais elle s’accompagne d’exigences de rendement nettement plus élevées. Frederik Ducrozet, chargé de la recherche économique à Pictet Wealth Management, estime que la pression commence à peser sérieusement sur les finances publiques, tout en soulignant que la dynamique ne se limite pas à la France et à son déficit.
Une tension mondiale sur les marchés obligataires
La hausse des taux s’observe dans l’ensemble des pays industrialisés, avec des niveaux qui retrouvent des sommets inédits depuis plusieurs décennies. Aux U.S., le rendement des obligations à trente ans a frôlé 5,2 % le 19 mai, un niveau inédit depuis 2007.Au UK, ce même taux a atteint 5,8 %, une première depuis 1998, tandis qu’au Japon il grimpe à 4 %, un record historique. Cette remontée généralisée renchérit le financement des Etats, alourdit les contraintes budgétaires et accentue les risques pour l’activité économique.
Dans notre précédent article sur les fragilités budgétaires françaises à l’approche de 2027, nous expliquions que la stabilisation de la dette et la reprise en main des finances publiques exigeraient un effort durable, au-delà d’un seul mandat. Nous rappelions notamment que ramener le déficit primaire à zéro impliquerait des mesures pérennes d’ampleur sur plusieurs années, avec un arbitrage sensible entre dépenses, prélèvements et croissance.
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