Le Printemps des comédiens sous pression après les critiques de la CRC sur sa gestion financière

Le Printemps des comédiens sous pression après les critiques de la CRC sur sa gestion financière
Festival sous haute tension

Le Printemps des comédiens, deuxième festival de théâtre en France, fait l'objet d'un examen renforcé alors que sa 40e édition se tient jusqu'au 21 juin à Montpellier. Un rapport de novembre 2025 met en cause la gestion de l'association sur la période 2019-2024, en soulignant des dépenses jugées sans rapport avec son intérêt et une situation financière préoccupante malgré 12,8 millions d'euros de soutien public.

Points forts

  • La chambre régionale des comptes d'Occitanie critique la gestion financière du Printemps des comédiens entre 2019 et 2024, ciblant particulièrement Jean Varela.
  • La CRC pointe des dédommagements versés en 2020 à des compagnies sans base contractuelle et des dépenses jugées contraires à l'intérêt de l'association.
  • Le soutien public au festival atteint 12,8 millions d'euros, ce qui intensifie les exigences de contrôle des finances et de la gouvernance associative selon la CRC.

Constats de la CRC sur les dépenses et la gouvernance

Comme l'a rapporté Le Monde, la chambre régionale des comptes d'Occitanie, dans un rapport du 4 novembre 2025 consulté le 8 juin, examine la gestion du festival sur la période 2019-2024 et met en cause l'ancien directeur Jean Varela, en poste de 2011 à 2025.

La juridiction financière relève deux volets principaux. Elle s'interroge d'abord sur les dédommagements versés en 2020 à des compagnies de théâtre programmées puis annulées en raison de l'épidémie de Covid-19, en notant que ces versements n'étaient pas prévus dans les contrats signés. Elle pointe ensuite une situation financière qu'elle qualifie de préoccupante, ainsi que de nombreuses dépenses sans lien avec les intérêts de l'association.

Le rapport évoque aussi un effacement des instances de gouvernance, alors même qu'elles sont largement composées de financeurs institutionnels. Cette observation renforce les critiques sur le contrôle exercé autour d'un festival soutenu par des fonds publics importants.

Enjeux politiques et impact pour les financeurs publics

Michaël Delafosse, maire socialiste de Montpellier depuis 2020, est cité dans le rapport à la fois pour son rôle d'ancien trésorier de l'association entre octobre 2019 et juin 2020 et pour sa position d'autorité de tutelle depuis la mi-2020. La CRC note que certains dédommagements sont intervenus en parallèle de sa campagne pour les élections municipales, ce qui alimente les questions sur leur pertinence.

Le festival bénéficie pourtant d'un soutien public significatif de 12,8 millions d'euros provenant du département, de la métropole, de l'État et de la région. Pour les collectivités et partenaires publics, les conclusions de la CRC accentuent donc les enjeux de surveillance budgétaire, de gouvernance associative et d'encadrement de l'usage des financements dans un événement culturel majeur d'Occitanie.

Dans notre précédent article sur le rapport de la chambre régionale des comptes d’Occitanie visant le Printemps des comédiens, nous expliquions que la juridiction financière mettait en cause la gestion 2019-2024, avec des dépenses jugées sans lien avec l’intérêt de l’association et une gouvernance affaiblie. Nous rappelions aussi les interrogations sur les dédommagements versés en 2020 à des compagnies annulées et le caractère préoccupant de la situation financière malgré 12,8 millions d’euros de soutien public, ce qui renforce la pression sur les financeurs institutionnels.

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