Le WTI continue de se corriger après le pic de volatilité observé en mai. Au 10 juin, les prix sont tombés dans la zone des 88–90 $ le baril, perdant environ 10 % au cours du mois dernier et plus de 7 % depuis le début du mois de juin, alors que le marché élimine progressivement une partie de la prime de risque géopolitique qui avait soutenu les cours au printemps.
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Ce qui pèse sur les prix
Le principal facteur reste la détérioration des prévisions de la demande mondiale. Les faibles données sur les importations de pétrole brut en provenance de Chine ont intensifié les inquiétudes quant au rythme de la reprise chez le plus grand importateur mondial. De plus, les investisseurs évaluent les risques d'un ralentissement économique mondial et des prévisions de consommation de carburant plus prudentes pour le second semestre.
Dans son rapport de mai, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a revu à la baisse ses perspectives de demande mondiale de pétrole pour 2026 et prévoit une baisse de la consommation par rapport aux niveaux de l'année dernière. L'agence a également souligné l'impact des prix élevés du carburant et de l'affaiblissement de l'activité économique.
Facteurs d'offre et de stocks
Le soutien au marché provient de la situation des stocks aux États-Unis. Selon les dernières données de l'API, les stocks commerciaux de pétrole brut ont diminué de plus de 9 millions de barils, atteignant leur niveau le plus bas depuis environ quatre mois. Cependant, même un prélèvement aussi important n'a pas suffi à inverser le sentiment baissier, car les acteurs du marché considèrent les inquiétudes liées à la demande comme plus importantes que les baisses de stocks localisées.
Une autre source d'incertitude demeure la situation au Moyen-Orient. Bien que les inquiétudes concernant les ruptures d'approvisionnement régional se soient quelque peu apaisées, toute nouvelle perturbation pourrait rapidement rétablir une prime de risque significative sur le marché. L'EIA continue de noter que les prix restent très sensibles aux problèmes affectant le transport du pétrole via les principales routes d'exportation.
Conclusion pratique
À court terme, les vendeurs conservent l'avantage. Tant que le WTI reste en dessous de la zone des 92–94 $, le scénario de base est la poursuite des échanges dans la fourchette 85–90 $, avec le risque de tester la borne inférieure. Pour qu'un retournement haussier se développe, le marché aurait besoin soit de signes de reprise de la demande chinoise, soit d'un nouveau catalyseur géopolitique capable de raviver les craintes sur l'offre.
Les principaux moteurs des semaines à venir resteront les données sur les stocks de pétrole américains, les statistiques d'importation chinoises et toute nouvelle liée aux approvisionnements en provenance des pays du Moyen-Orient. À l'heure actuelle, le contexte fondamental favorise une consolidation ou une baisse modérée plutôt qu'une tendance haussière durable.
Perspectives à court terme
Pour le moment, la pression sur les prix du WTI persiste, bien que le risque d'une nouvelle escalade au Moyen-Orient limite le potentiel de baisse. Hier, les acheteurs sont intervenus lorsque le WTI est tombé à 86 $ le baril, et aujourd'hui un soutien est apparu à nouveau autour de 87,4 $. Si les prix restent inférieurs à 88,8 $, le risque de casser le support actuel et de retester le plus bas d'hier dominera. Une cassure au-dessus de ce niveau de résistance ouvrirait la voie à un mouvement vers la zone des 89,6–90 $.
Une nouvelle escalade des tensions au Moyen-Orient, comme évoqué dans Le WTI recule alors que la prime géopolitique s'estompe, pourrait favoriser un retour au-dessus de 90 $ le baril.
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