La Guyane défend une levée de l’interdiction d’exploration pétrolière à l’Assemblée

La Guyane défend une levée de l’interdiction d’exploration pétrolière à l’Assemblée
Guyane relance débat pétrolier

Le débat sur l’exploitation des hydrocarbures en Guyane revient à l’Assemblée nationale après le rejet en commission d’une proposition de loi visant à assouplir la loi Hulot de 2017. Le texte, porté dans un contexte de crise des carburants, relance les tensions entre impératifs environnementaux de l’Etat et attentes de développement économique dans les territoires ultramarins.

Points forts

  • La commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale a rejeté le 3 juin la proposition visant à lever l’interdiction d’exploration pétrolière en Guyane.
  • Le texte, soutenu par le Sénat le 29 janvier mais opposé par le gouvernement et la gauche, risque de ne pas aboutir faute de majorité.
  • L’examen parlementaire révèle des tensions entre engagement climatique national, sécurité énergétique et attentes de développement économique local dans les outre-mer.

Examen parlementaire d’un texte très contesté

Comme l’a rapporté Le Monde, la proposition de loi du sénateur de Guyane Georges Patient, examinée en séance le jeudi 11 juin, cherche à retirer les collectivités ultramarines concernées du champ de l’interdiction de délivrer des titres d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures instaurée par la loi Hulot. Le texte a été rejeté le 3 juin par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, au lendemain de quoi les députés guyanais Jean-Victor Castor et Davy Rimane ont dénoncé un « colonialisme vert » imposé, selon eux, au détriment du développement local.

La proposition avait été approuvée par le Sénat le 29 janvier contre l’avis du gouvernement. Mais son adoption définitive paraît peu probable, faute de soutien du bloc central et de la gauche, qui considère qu’elle représente une « régression environnementale considérable » incompatible avec les engagements de la France.

Tensions entre développement local et cadre climatique

Les élus favorables au texte estiment que l’interdiction décidée en 2017 a nourri l’incompréhension dans des territoires où des travaux d’exploration en cours entretenaient de fortes attentes économiques. Jean-Victor Castor, rapporteur du texte en commission des affaires économiques, a souligné le 3 juin que cette loi avait laissé de l’amertume parmi les populations et responsables locaux concernés.

Au-delà du cas guyanais, l’examen du texte met en lumière un désaccord plus large sur l’articulation entre politique climatique nationale, sécurité d’approvisionnement énergétique et perspectives de croissance dans les outre-mer. Le dossier reste aussi politiquement sensible en Guyane, où la perspective d’une ouverture aux hydrocarbures ne fait pas consensus.

Dans notre précédent article sur le retour du débat à l’Assemblée nationale sur l’exploitation des hydrocarbures en Guyane, nous expliquions que la proposition de loi du sénateur Georges Patient visait à sortir le territoire du champ de la loi Hulot de 2017 interdisant les nouveaux titres d’exploration et d’exploitation. Nous rappelions que le texte, rejeté en commission mais attendu en séance, cristallisait l’opposition entre impératifs de développement économique local et objectifs environnementaux nationaux, avec des chances d’adoption jugées limitées.

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