La France abaisse sa prévision de croissance à 0,7 % sur fond de choc pétrolier et de consommation atone
L’économie française avance à faible allure en 2026 alors que la consommation des ménages, principal moteur de l’activité, reste à l’arrêt. Ce ralentissement complique davantage l’objectif du gouvernement de ramener le déficit public à 5 % cette année, tandis que les anticipations de croissance divergent entre les grandes institutions.
Points forts
- L'Insee abaisse sa prévision de croissance pour la France à 0,7 % en 2026, contre 0,9 % précédemment, rejoignant le FMI.
- Après un repli de 0,1 % au premier trimestre, l'Insee anticipe une croissance de 0,3 % au deuxième trimestre et 0,1 % pour les deux suivants.
- Le ralentissement économique compliquera la réduction du déficit public vers l'objectif de 5 % en 2024, alors que la demande intérieure reste faible.
Prévisions de croissance revues pour 2026
Comme l’a annoncé l’Institut national de la statistique et des études économiques, l’Insee, mercredi 17 juin, la croissance française doit atteindre 0,7 % en fin d’année, contre 0,9 % attendu jusqu’ici.Cette révision aligne l’institut sur la prévision du Fonds monétaire international, qui abaisse lui aussi sa perspective pour la France de 0,9 % à 0,7 %. L’Insee reste toutefois plus optimiste que la Banque de France, dont les projections publiées mardi 16 juin limitent la progression de l’économie à 0,5 % en 2026.
Après un premier trimestre décevant, marqué par un recul de 0,1 % de l’activité, l’économie évite néanmoins la récession qui est redoutée au plus fort de la crise au Moyen-Orient. Dans l’hypothèse d’un baril de pétrole stabilisé autour de 85 dollars d’ici à la fin de 2026, l’Insee anticipe une hausse de 0,3 % au deuxième trimestre, puis une progression de 0,1 % lors de chacun des deux derniers trimestres.
Pression accrue sur les finances publiques et les ménages
Le ralentissement attendu rend plus difficile la trajectoire budgétaire du gouvernement, qui vise toujours une réduction du déficit public à 5 % cette année, contre 5,1 % en 2025. L’exécutif maintient pour sa part une hypothèse de croissance de 0,9 % du produit intérieur brut.Pour l’économie française, cette phase de faible expansion reflète surtout l’essoufflement de la demande intérieure. Avec une consommation en panne dans un contexte de tensions énergétiques liées au Moyen-Orient, la France fait face à un environnement moins porteur pour l’activité, le pouvoir d’achat des ménages et, plus largement, l’équilibre des finances publiques.
Nous avions précédemment fait le point sur l’alerte de l’Agence internationale de l’énergie concernant le marché pétrolier après le choc lié à la guerre en Iran. L’AIE y expliquait que la hausse des prix et les perturbations logistiques avaient déjà affaibli la demande, tout en soulignant qu’une réouverture progressive du détroit d’Ormuz pourrait ensuite provoquer un rebond de l’offre et, à terme, un risque d’excédent. Ce contexte énergétique aide à comprendre pourquoi les scénarios macroéconomiques restent sensibles à l’évolution du baril.
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