La rémunération des dirigeants du CAC 40 creuse l’écart salarial en France
À l’approche de la journée internationale des travailleurs, une nouvelle étude met en avant l’accélération des écarts de rémunération entre dirigeants et salariés en France comme à l’échelle mondiale. En France, la hausse des rémunérations des dirigeants des grandes entreprises en 2025 est 3,3 fois plus rapide que celle des employés, sur fond de progression marquée des dividendes versés aux grandes fortunes.
Points forts
- Les dirigeants des plus grandes entreprises mondiales verront leur rémunération réelle augmenter de 11 % en 2025, contre seulement 0,5 % pour les salariés.
- Dans le CAC 40, la rémunération des PDG augmente de 18 % entre 2024 et 2025, 3,3 fois plus vite que celle des salariés selon Oxfam.
- Près de 80 milliards de dollars de dividendes seront distribués à près de 1 000 milliardaires en 2025, Bernard Arnault et sa famille percevant 3,8 milliards de dollars.
Étude publiée avant le 1er mai
Comme le rapporte Le Monde, Oxfam et la Confédération syndicale internationale publient vendredi 1er mai une étude comparative sur l’évolution des rémunérations des dirigeants d’entreprise par rapport à celle des travailleurs, en France et dans le monde. Leur analyse porte sur les 1 500 entreprises les plus rémunératrices de 33 pays ayant communiqué la rémunération de leur PDG en 2025.Selon cette étude, les patrons des plus grandes sociétés mondiales voient leurs salaires augmenter de 11 % en termes réels en 2025, tandis que la rémunération moyenne d’un travailleur n’augmente que de 0,5 %. Les auteurs décrivent ainsi un fossé croissant entre les grands patrons et les employés.
Pour la France, Oxfam et la CSI indiquent que les rémunérations des dirigeants des plus grandes entreprises augmentent 3,3 fois plus vite que celles des salariés. Cette tendance est notamment illustrée par les groupes du CAC 40, où la rémunération de 26 directeurs généraux et PDG augmente de 18 % entre 2024 et 2025.
Oxfam précise à l’Agence France-Presse que seules 26 entreprises du CAC 40 ont fourni des données. L’étude rappelle aussi que les revenus des dirigeants comprennent non seulement leur rémunération directe, mais surtout des revenus du capital, notamment sous forme de dividendes.
Dividendes en hausse et pression sur la fiscalité
À l’échelle mondiale, près de 80 milliards de dollars, soit environ 68 milliards d’euros, sont versés en dividendes à près d’un millier de milliardaires identifiés par Oxfam et la CSI en 2025. Ce montant équivaut à environ 2 500 dollars distribués chaque seconde, selon les auteurs.Bernard Arnault et sa famille, à la tête de LVMH, figurent parmi les plus grands bénéficiaires de dividendes en 2025 avec 3,8 milliards de dollars, d’après l’étude. Celle-ci ajoute que 3 428 milliardaires, à 86 % des hommes, détiennent une richesse équivalente à 17 % du produit intérieur brut mondial.
Face à ce constat, la CSI et Oxfam plaident pour une imposition effective des super-riches sur les revenus et le patrimoine. Les deux organisations estiment qu’une telle mesure est nécessaire pour freiner l’aggravation des inégalités salariales et patrimoniales.
Notre précédent article sur les bénéfices record de TotalEnergies et le débat sur une surtaxe des superprofits en France revenait sur la forte hausse du résultat net, l’augmentation du dividende et la controverse politique autour de la redistribution en période de crise énergétique. Nous y expliquions aussi comment ces profits et distributions aux actionnaires ravivaient les appels à une taxation exceptionnelle pour financer des mesures de soutien aux ménages.
- Forex
- Crypto