Le patronat français dénonce le gel des allègements de cotisations avant la hausse du smic
À la veille de la revalorisation automatique du smic de 2,4 % au 1er juin, les principales organisations patronales françaises contestent le gel des allègements de cotisations sur les bas salaires décidé par le gouvernement. Elles estiment que cette mesure accroît le coût du travail dans un contexte déjà marqué par les effets économiques de la guerre et par une remontée du chômage au-dessus de 8 %.
Points forts
- Le Medef, la CPME et d'autres organisations patronales dénoncent le gel des allègements de cotisations prévu sans concertation alors que le smic progresse.
- Le smic augmente de 2,4 % au 1er juin, mais le budget des exonérations reste stable, réduisant mécaniquement le soutien aux employeurs de bas salaires.
- Le gouvernement vise six milliards d’euros d’économies, justifiant la mesure alors que les secteurs employant de nombreux salariés peu qualifiés alertent sur les risques pour l’emploi.
Contestations patronales et appel au dialogue
Comme le rapporte La Tribune Dimanche, les présidents du Medef, de la CPME, de l’U2P, de la FNSEA, de l’UDES et de la Fesac dénoncent dans une tribune une décision prise sans concertation avec les représentants des entreprises. Ils affirment que le gel des allègements de cotisations, qui doit figurer dans un prochain décret, intervient « au pire moment pour les entreprises ».Selon ces organisations, les employeurs doivent absorber simultanément la hausse du coût du travail liée à la progression du smic et la baisse mécanique de l’effet des exonérations destinées à en limiter l’impact. Les signataires qualifient cette situation de « double peine », évoquent un « contresens économique » et demandent au gouvernement de « renouer le dialogue » pour changer d’approche.
Le ministre des comptes publics, David Amiel, a confirmé la semaine dernière cette mesure redoutée par le patronat. Mardi, Thierry Marx, président de l’Union des métiers de l’hôtellerie-restauration, a lui aussi alerté le premier ministre sur les conséquences du gel et réclamé l’ouverture d’une concertation.
Impact sur l’emploi et les secteurs à bas salaires
Le smic augmente de 2,4 % le 1er juin sous l’effet de l’inflation des prix à la consommation, mais l’enveloppe budgétaire consacrée aux allègements de cotisations sur les bas salaires n’augmente pas. Elle ne baisse pas non plus, ce qui réduit mécaniquement l’ampleur du soutien relatif accordé aux entreprises employant des salariés rémunérés au niveau du salaire minimum.Les organisations patronales soutiennent que la mesure pénalise d’abord des entreprises jugées essentielles dans les territoires, notamment celles qui emploient un grand nombre de salariés faiblement qualifiés. Le gouvernement, de son côté, envisage six milliards d’euros d’économies pour faire face au coût du conflit au Moyen-Orient, tandis que les syndicats saluent une décision perçue comme plus équilibrée sur le plan budgétaire.
Dans notre précédent article sur l’ajustement budgétaire de 4 milliards d’euros engagé par Bercy, nous expliquions que le gouvernement avait annulé 847 millions d’euros de crédits et gelé 3,2 milliards supplémentaires dans le budget 2026. Nous rappelions que ces arbitrages visent à compenser le surcoût du conflit au Moyen-Orient afin de contenir la trajectoire de déficit, en mettant à contribution la plupart des ministères (hors armées et justice).
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