L’ACPR renforce sa surveillance des risques cyber, du crédit privé et du climat en France
Face à l’accélération des menaces technologiques et à la montée de nouveaux risques financiers, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution détaille les priorités de sa supervision des banques et des assureurs. L’institution, adossée à la Banque de France, met en avant la résilience cyber, la progression du crédit privé et la pression croissante du risque climatique sur l’assurabilité.
Points forts
- L’ACPR renforce la surveillance des risques cyber, exigeant l’accélération de l’identification des vulnérabilités et l’application de la réglementation DORA dès 2025.
- Le crédit privé ne représente que 0,4 % du bilan des banques et 1 % de celui des assureurs en France, mais son encours prévoit une hausse de 25 % en 2025, malgré des difficultés de mesure des risques.
- L’ACPR met en avant les stress tests climatiques réalisés en 2021, soulignant que certains scénarios produisent un impact macroéconomique similaire à un choc Covid et appellent à renforcer prévention et adaptation dans l'assurance.
Priorités de supervision sur les risques émergents
Comme l’a indiqué l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution sur BFM Business, son rôle consiste à vérifier que les banques et les compagnies d’assurance respectent les règles prudentielles, opérationnelles et de protection de la clientèle, tout en s’assurant qu’elles adaptent leurs stratégies aux évolutions technologiques et numériques de long terme.La secrétaire générale de l’ACPR, Emmanuelle Assouan, affirme que le risque cyber reste en tête de l’agenda du superviseur, de la Banque de France et des acteurs de la stabilité financière. Elle souligne que la guerre russe en Ukraine a déjà renforcé cette vigilance, tandis que les outils d’intelligence artificielle accroissent à la fois les capacités de défense et les risques en cas d’usage malveillant.
Selon elle, l’Europe dispose déjà d’un cadre robuste avec la réglementation DORA, en vigueur depuis le début de 2025, qui impose une gouvernance adaptée, des tests d’intrusion, un suivi des incidents et une surveillance des prestataires tiers. Elle estime que les établissements sont organisés, mais doivent accélérer l’identification des vulnérabilités et le déploiement des correctifs pour garder une longueur d’avance sur les attaquants.
Sur le crédit privé, l’ACPR indique que l’exposition reste limitée dans les bilans bancaires, autour de 0,4 %, et à environ 1 % dans ceux des assureurs. Emmanuelle Assouan relève toutefois une hausse d’environ 25 % sur l’année 2025 et juge que la principale difficulté réside dans le manque de données consolidées pour mesurer correctement les risques, d’autant que ce marché prend des formes multiples et reste plus développé aux U.S., avec un potentiel de contagion vers l’Europe en cas de tensions.
Enjeux pour le secteur financier français
L’ACPR ne remet pas en cause le rôle du crédit privé dans le financement de l’économie, notamment pour certains secteurs technologiques, mais insiste sur la nécessité d’un meilleur encadrement des risques et d’un niveau adéquat de fonds propres. La supervision prudentielle vise ainsi moins à empêcher la prise de risque qu’à s’assurer qu’elle est comprise, mesurée et correctement absorbée par les établissements.Sur le climat, Emmanuelle Assouan rappelle que l’ACPR et la Banque de France se veulent pionnières en matière d’analyse prudentielle. Elle cite notamment le stress test climatique conduit en 2021 sur les banques et les assurances, destiné à évaluer l’effet de risques physiques et de transition sur des horizons longs, dans un contexte où les modèles historiques sont insuffisants.
Elle souligne que certains scénarios climatiques produisent, à court et moyen terme, un impact macroéconomique comparable à celui d’un choc comme le Covid, notamment en cas de sécheresse suivie d’inondations sur plusieurs années. Pour le secteur de l’assurance, l’enjeu porte aussi sur l’assurabilité, alors que la hausse des primes reflète déjà l’augmentation des sinistres, ce qui renforce l’appel du superviseur à davantage de prévention et d’adaptation.
Dans notre précédent article sur le cadre hybride de gouvernance de l’IA mis en place par BNP Paribas, nous expliquions comment la banque intègre cette gouvernance à ses opérations de test logiciel via une AI factory interne et une approche LLM-as-a-service. Nous soulignions que cet encadrement vise à renforcer la fiabilité et la transparence des processus numériques, un facteur susceptible de consolider la confiance institutionnelle autour de l’établissement. L’analyse évoquait aussi une dynamique boursière globalement constructive, malgré des signaux techniques de court terme plus partagés.
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