L’AMF renforce ses mises en garde sur l’investissement en bitcoin
Alors que le bitcoin reste un sujet très présent sur les réseaux sociaux et dans les offres d’investissement en ligne, l’Autorité des marchés financiers rappelle qu’il s’agit d’un crypto-actif et non d’une monnaie ayant cours légal en France. Le régulateur souligne que ce marché cumule forte volatilité, risques de fraude et enjeux de conservation, dans un cadre où seuls les prestataires autorisés peuvent désormais proposer certains services.
Points forts
- L’AMF rappelle que depuis le 1er juillet 2026, seuls les prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) agréés peuvent offrir des services sur crypto-actifs en Europe.
- Le bitcoin a connu une forte volatilité, passant de 56 301 euros en novembre 2021 à 15 421 euros fin 2022 (-73%) puis à 106 275 euros le 6 octobre 2025.
- L’AMF alerte sur la multiplication de fraudes et escroqueries via plateformes non agréées, conseillant de vérifier systématiquement l’autorisation des prestataires.
Cadre réglementaire et fonctionnement du bitcoin
Selon AMF, l’Autorité des marchés financiers, dans une communication pédagogique, précise que le bitcoin est un actif numérique décentralisé qui s’échange exclusivement en ligne et repose sur un protocole de transactions cryptées appelé blockchain.Apparu en 2009, le bitcoin n’a pas le statut de monnaie en France, où l’euro reste la seule monnaie ayant cours légal. S’il peut être accepté comme moyen de paiement par certains sites ou commerces, aucun professionnel n’est tenu de l’accepter. L’AMF rappelle aussi que cet environnement technique peut ne pas convenir aux investisseurs les moins avertis.
Le régulateur indique par ailleurs que le bitcoin n’est qu’un des nombreux crypto-actifs existants, aux côtés notamment de l’ether, du ripple ou du litecoin. Sa création repose sur le minage, un processus décentralisé dans lequel des utilisateurs valident les transactions avec du matériel informatique spécialisé. Le protocole prévoit un plafond de 21 millions d’unités d’ici 2140, tandis que près de 94% des bitcoins ont déjà été émis et circulent actuellement.
Depuis le 1er juillet 2026, les professionnels qui proposent des services sur crypto-actifs aux investisseurs doivent disposer du statut européen de prestataire de services sur crypto-actifs, PSCA. Les sociétés relevant auparavant du régime français PSAN mais n’ayant pas obtenu ce nouveau statut ne peuvent plus offrir ces services et doivent informer leurs clients sur la fin de leurs activités ainsi que sur le transfert ou la cession de leurs avoirs numériques.
Volatilité, fraude et risques pour les épargnants
L’AMF avertit qu’une part importante des plateformes accessibles en ligne ne sont ni enregistrées ni agréées auprès d’elle ou d’un autre régulateur européen, et que certaines peuvent relever de l’escroquerie pure et simple. Les acteurs qui continueraient à exercer sans autorisation sont susceptibles d’être inscrits sur les listes noires du régulateur.Le gendarme des marchés insiste aussi sur le risque de perte en capital lié à l’extrême volatilité du bitcoin. Il rappelle que le cours est passé de 56 301 euros en novembre 2021 à 15 421 euros le 25 décembre 2022, soit une baisse de 73%, avant d’atteindre un nouveau record à 106 275 euros le 6 octobre 2025. Dans ces conditions, un investisseur peut perdre une large part de sa mise en quelques jours, voire en quelques heures, et ne pas pouvoir revendre au moment souhaité dans des conditions satisfaisantes.
La conservation constitue un autre point de vigilance, les actifs étant stockés dans des portefeuilles numériques ou sur des supports physiques spécifiques. L’AMF recommande de vérifier les dispositifs de sécurité, notamment en cas de cyberattaque ou de perte du support, et cite l’authentification renforcée parmi les protections attendues.
Le régulateur met enfin en garde contre les offres diffusées sur Internet et les réseaux sociaux, qu’il s’agisse de packs de formation, d’offres de minage ou de mandats de gestion sur actifs numériques. Il appelle les particuliers à vérifier systématiquement les autorisations de leur interlocuteur avant tout engagement.
Dans un précédent article, nous nous sommes penchés sur Riot Platforms, un acteur coté spécialisé dans le minage de Bitcoin, dont le titre a progressé après l’expansion de ses opérations et une croissance du chiffre d’affaires. Nous y évoquions aussi une dynamique technique globalement haussière, tout en soulignant des signaux de surachat susceptibles d’augmenter le risque d’un repli à court terme.
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