Sénat français, LR devrait rester dominant tandis que le RN vise un premier groupe en 2026
À l'approche du renouvellement partiel du Sénat le 27 septembre, la majorité de droite et du centre ne semble pas menacée, mais le scrutin reste stratégique pour l'équilibre des groupes politiques. Le Rassemblement national peut notamment profiter de cette échéance pour tenter de constituer pour la première fois un groupe au Palais du Luxembourg, avec l'appui de ses alliés de l'UDR.
Points forts
- 178 des 348 sièges du Sénat français seront renouvelés en septembre 2024, mobilisant 93 469 grands électeurs dans 64 circonscriptions.
- Les Républicains devraient rester la première force du Sénat grâce à la prédominance de la droite et du centre dans le corps électoral issu des municipales.
- Le Rassemblement National vise à constituer pour la première fois un groupe sénatorial en s’appuyant sur l’appui des alliés ciottistes de l’UDR.
Configuration du scrutin de septembre
Comme le rapporte Le Monde, 178 des 348 sièges du Sénat sont à pourvoir cette année lors du renouvellement par moitié de la chambre haute, organisé tous les trois ans.Au total, 93 469 grands électeurs, dont 88 937 délégués des conseils municipaux, sont appelés à voter dans les 64 circonscriptions de la série 2, de l'Ain à l'Indre et du Bas-Rhin aux Bouches-du-Rhône, hors région parisienne. Outre-mer, les sièges sont renouvelés en Guyane, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin, à Wallis-et-Futuna et en Polynésie française, tandis que la moitié des sénateurs des Français établis hors de France est également concernée.
Le scrutin offre peu d'incertitude sur le rapport de force principal. Selon Claude Malhuret, sénateur Horizons de l'Allier, il n'y a pas de perspective de révolution au Sénat, une assemblée historiquement peu exposée aux basculements spectaculaires, la gauche n'y ayant détenu la majorité que de 2011 à 2014 sous la Ve République.
Enjeux politiques pour les blocs et le RN
Les Républicains devraient rester la première force de la chambre, soutenus par une base électorale issue majoritairement des élections municipales, traditionnellement favorables à la droite et au centre.Gérard Larcher affiche sa confiance pour LR et pour le groupe Union centriste, en soulignant dans Le Figaro du 8 juillet que 95 % du corps électoral provient des municipales, un terrain où la droite et le centre ont enregistré de bons résultats. Dans cette configuration, les grands équilibres devraient être préservés, même si chaque formation cherche à limiter les pertes ou à consolider sa représentation.
Le principal enjeu nouveau concerne le RN, qui peut tirer parti du scrutin pour franchir un seuil politique important au Sénat. Avec l'appui de ses alliés ciottistes de l'UDR, le parti espère disposer d'un nombre d'élus suffisant pour former pour la première fois un groupe, ce qui renforcerait sa visibilité institutionnelle et ses moyens parlementaires.
Dans notre précédent article sur le retour de Marine Le Pen dans la course à la présidentielle de 2027, nous expliquions que la réduction en appel de sa peine d’inéligibilité lui permettait de se présenter malgré sa condamnation dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Nous soulignions aussi que ce revirement bousculait les stratégies du bloc central et ravivait le risque de dispersion des candidatures, dans un contexte où le RN conserve une dynamique politique forte.
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