L’Etat réduit ses dépenses de conseil privé à 60 millions d’euros en 2025

L’Etat réduit ses dépenses de conseil privé à 60 millions d’euros en 2025
Moins de dépenses de conseil

A l’approche de la présidentielle de 2027, le recours de l’Etat aux cabinets de conseil privés revient dans le débat politique sur fond de promesses de durcissement des règles d’externalisation. Les données annexées au projet de loi de finances pour 2027 montrent toutefois une forte contraction des dépenses ministérielles, tombées à près de 60 millions d’euros en 2025.

Points forts

  • La dépense de conseil privé de l'État diminue de 78 % depuis 2021, atteignant près de 60 millions d'euros en 2025 selon les données gouvernementales.
  • La baisse résulte de la circulaire de janvier 2022 signée par Jean Castex, visant à limiter la dépendance des ministères aux cabinets de conseil après le rapport McKinsey.
  • La campagne présidentielle de 2027 relance le débat, Place publique et La France insoumise proposant d'encadrer strictement, voire d'interdire, l'externalisation des missions stratégiques.

Recul des dépenses depuis la circulaire de 2022

Comme le rapporte Le Monde, les dernières données gouvernementales annexées au projet de loi de finances pour 2027 confirment une baisse continue des dépenses de conseil des ministères depuis la circulaire de janvier 2022. Ce texte, signé par l’ancien premier ministre Jean Castex, demandait aux administrations de réduire le recours aux prestataires privés dans un contexte de forte défiance après l’affaire dite « McKinsey » et le rapport critique du Sénat.

Selon ces éléments, les dépenses ont reculé de 78 % depuis 2021 pour atteindre désormais près de 60 millions d’euros en 2025. Cette évolution suggère une rationalisation marquée de l’usage des cabinets de conseil, alors que le sujet avait cristallisé les critiques sur l’externalisation des missions stratégiques de l’Etat.

Un enjeu budgétaire relancé par la campagne de 2027

Le sujet reprend de la visibilité avec la campagne présidentielle de 2027. Place publique, le mouvement de Raphaël Glucksmann, dit vouloir mettre fin à la dépendance de l’Etat aux cabinets de conseil en encadrant strictement l’externalisation des missions stratégiques, tandis que La France insoumise défend l’interdiction de la sous-traitance et de la surfacturation dans la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques.

La décrue des dépenses ne met donc pas fin au débat politique sur le périmètre d’intervention du conseil privé dans l’action publique. Pour les finances publiques, la baisse enregistrée depuis 2021 réduit le poids budgétaire direct de ces prestations, mais elle laisse ouverte la question de l’organisation interne des compétences au sein de l’Etat.

Dans un précédent article, nous analysions l’ouverture de l’examen parlementaire du projet de loi de finances 2027 dans un contexte de fragilité politique et de tension sur les finances publiques. Nous soulignions notamment l’absence de majorité claire à l’Assemblée nationale, ainsi que la remontée rapide des taux d’intérêt, qui renchérit le coût de la dette et réduit les marges de manœuvre budgétaires de l’État.

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