L’OFCE propose de taxer tous les revenus des plus aisés pour renforcer la progressivité fiscale en France

L’OFCE propose de taxer tous les revenus des plus aisés pour renforcer la progressivité fiscale en France
Une fiscalité plus équitable

Le débat sur la fiscalité des ménages les plus fortunés revient au premier plan en France pendant la préparation du budget 2027. Dans ce contexte, des économistes de l’OFCE avancent une alternative à la taxe Zucman, en visant l’ensemble des revenus plutôt que le seul patrimoine.

Points forts

  • L’OFCE propose de taxer tous les revenus des plus aisés, y compris les plus-values lors de donations et successions, pour restaurer la progressivité fiscale.
  • Cette approche vise à limiter les stratégies d’évitement fiscal qui permettent actuellement aux très riches d’avoir un taux d’imposition effectif inférieur aux riches.
  • La proposition pourrait servir de compromis dans le débat budgétaire 2027 entre la taxe Zucman de 2 % et le maintien du système actuel.

Une piste alternative dans le débat budgétaire

Comme le rapporte Le Monde, Guillaume Allègre et Xavier Timbeau, économistes à l’Observatoire français des conjonctures économiques, présentent dans une note de blog publiée le 19 mai une approche destinée à mieux imposer les ménages très aisés. Leur proposition part du constat que les taux d’imposition effectifs diminuent au sommet de l’échelle des revenus, ce qui conduit les très très riches à être relativement moins imposés que les très riches.

Les deux chercheurs jugent le diagnostic de Gabriel Zucman fondé sur ce point, tout en défendant un autre levier fiscal. Ils suggèrent de restaurer la progressivité de l’impôt sur le revenu et de limiter certaines stratégies d’évitement en taxant l’ensemble des revenus, y compris les plus-values réalisées lors des donations et des successions.

Cette position s’inscrit dans un débat déjà polarisé. La gauche continue de soutenir la taxe Zucman, conçue comme un impôt plancher de 2 % sur le patrimoine des personnes disposant de plus de 100 millions d’euros, tandis que la droite et les organisations patronales rejettent cette option au nom de ses risques économiques.

Un enjeu central pour la justice fiscale

La proposition de l’OFCE cherche à répondre à une question devenue sensible dans les discussions sur les finances publiques, celle de l’équité de l’effort fiscal entre les différentes catégories de contribuables. En ciblant les flux de revenus plutôt que le stock de patrimoine, elle vise à corriger les failles qui permettent aux foyers les plus riches de réduire leur charge fiscale effective.

Pour le débat français, l’enjeu dépasse la seule opposition entre taxation du capital et défense de l’attractivité économique. L’approche avancée par l’OFCE peut alimenter les arbitrages du budget 2027 en offrant une voie intermédiaire entre le maintien du système actuel et l’adoption d’un impôt plancher sur les grandes fortunes.

Dans notre précédent article sur la définition statistique des ménages aisés, nous expliquions que l’Observatoire des inégalités retient un seuil fixé au double du niveau de vie médian après impôt pour identifier les « riches ». Selon cette méthode, une personne seule est considérée comme riche à partir de 4 292 euros mensuels après impôt, ce qui représenterait 4,8 millions de personnes, soit 7,5 % de la population. Le rapport soulignait aussi que l’absence d’indicateurs partagés pour les très hauts revenus complique l’évaluation des inégalités et l’élaboration des politiques publiques.

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