La pauvreté en France reste à un pic de 30 ans, les inégalités atteignent un record
Les données de niveau de vie en France pour 2024 montrent une hausse des revenus dans toutes les catégories sans amélioration du taux de pauvreté. L’écart entre les ménages les plus modestes et les plus aisés continue en parallèle de se creuser, malgré une progression du niveau de vie médian supérieure à l’inflation.
Points forts
- Le taux de pauvreté en France reste stable à 15,4 % en 2024, son plus haut niveau depuis trente ans selon l’Insee.
- Le niveau de vie médian s'élève à 2 228 euros par mois en 2024, en hausse de 1,8 % en euros constants, dépassant l’inflation.
- Les inégalités atteignent un sommet inédit depuis 1996, portées par la progression rapide des revenus des ménages les plus aisés.
Niveaux de vie en hausse, pauvreté inchangée
Selon Le Monde, citant l’Insee, les chiffres publiés jeudi 9 juillet confirment que le taux de pauvreté se stabilise à 15,4 %, soit son niveau le plus élevé depuis trente ans. Cette évolution intervient après une année 2023 déjà marquée par des records en matière de pauvreté et d’inégalités.Le niveau de vie médian atteint 2 228 euros par mois pour une personne seule en 2024, en hausse de 1,8 % en euros constants. Cette progression est plus rapide que lors des années précédentes et dépasse l’inflation.
Selon Emilie Raynaud, responsable de la division Revenus des ménages à l’Insee, cette amélioration des revenus ne suffit pas à faire reculer la pauvreté. Après le recul observé en 2023 pour les 30 % des personnes les plus modestes, la hausse enregistrée en 2024 ne modifie donc pas le taux global.
Hausse des hauts revenus et pression sur les écarts
Les inégalités atteignent dans le même temps leur plus haut niveau depuis 1996, sous l’effet de la progression des revenus des ménages les plus aisés. La dynamique des revenus ne bénéficie donc pas de manière assez homogène pour réduire les écarts de niveau de vie.Plusieurs facteurs soutiennent pourtant l’augmentation générale des revenus en 2024. Le taux d’emploi atteint son niveau le plus élevé depuis 1975, tandis que le taux de chômage demeure à 7,4 %; les salaires progressent, et le smic, les pensions de retraite ainsi que les prestations sociales sont revalorisés sur la base de l’inflation élevée de l’année précédente. Les revenus tirés des placements financiers augmentent également.
Dans notre précédent article sur le refus du gouvernement d’une hausse générale des salaires dans la fonction publique, nous expliquions que l’exécutif invoquait un cadre budgétaire très contraint et le coût d’un relèvement du point d’indice. Le gouvernement privilégiait des dispositifs ciblés, tandis que les syndicats quittaient la réunion et annonçaient une mobilisation à la rentrée.
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